À la tête de la brasserie depuis quatre ans, Douglas assure que l’établissement avait déjà adopté cette pratique. « Quand on nous demandait, on laissait déjà l’accès. On fait surtout ça pour la propreté. En soirée surtout, ça évite que des personnes urinent au coin des bâtiments dans la rue. »

Douglas patron du Bouillon Bruxelles ©Ma.D.Nouvelle carte
En intégrant officiellement le réseau, Bouillon Bruxelles se retrouve référencé sur la nouvelle carte en ligne de la Ville qui répertorie les toilettes publiques (13 toilettes, 22 urinoirs), les 90 toilettes accueillantes et les toilettes accessibles au public de quelques autres organismes comme la Stib.
La brasserie reçoit aussi un sticker à poser sur sa façade (du côté intérieur de la vitre, sinon, c’est de l’affichage sauvage) qui permet aux passants d’identifier clairement le lieu comme étant disposé à leur donner accès au petit coin. « On a déjà tous eu une envie pressante. Ici, depuis la rue, on voit qu’on est ouvert. Ça permet aussi de rassurer des personnes qui n’oseraient peut-être pas demander. »

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Bouillon est le nonantième lieu inscrit dans ce réseau de toilettes dispersées sur le territoire de la ville, principalement dans le centre mais aussi à Laeken, Neder-Over-Heembeek ou Haren ; 54 sont des établissements horeca partenaires qui touchent donc la subvention et 36 autres sont des établissements publics. Les maisons de quartier et les bibliothèques de la ville ont rejoint le réseau début 2026, par exemple.
La carte, mise en ligne au début de l’été avec un travail sur le référencement pour qu’elle soit rapidement trouvée via une recherche sur internet, permet donc de les identifier facilement. On peut aussi voir quelles toilettes sont payantes (notamment celles présentes à quelques arrêts de la Stib) ou accessibles aux PMR.

Anas Ben Abdelmoumen ©Ma.D.
La ville entend encore développer ce réseau. « C’est un win-win pour les commerçants et la ville. On veut tous une ville plus propre, plus hygiénique. Et pour les commerçants, cela peut aussi apporter une visibilité. Les personnes qui viennent pour les toilettes peuvent découvrir l’établissement et revenir ensuite, » précise l’échevin en charge de la Propreté, Anas Ben Abdelmoumen. La ville a prévu en 2026 une enveloppe de 75 000 euros pour le dispositif. Avec 54 établissements privés partenaires, il reste donc encore des financements.

©Ma.D.Deux fois 500
Mais il ne s’agit pas non plus d’une carte blanche pour les horeca. « On verse la somme en deux fois 500 euros. On organise des tests avec nos agents pour voir si les établissements accueillent bien les gens. Si on constate que ce n’est pas le cas, on exclut le commerce du dispositif. Certains lieux se retirent aussi d’eux-mêmes du réseau pour des raisons logistiques, par exemple. Mais on gagne plus de nouveaux partenaires qu’on en perd, » assure l’échevin.
Au Bouillon, on ne s’attend pas à un raz-de-marée d’envies pressantes. En salle, on nous dit que les arrêts pipi de passants représentaient une dizaine de personnes par mois. L’arrivée dans le réseau et sur la carte donnera peut-être plus de visibilité, mais « on ne s’inquiète pas d’une trop grosse affluence pour cela. »
La Ville de Bruxelles conclut en rappelant que la lutte contre les urines sauvages sera renforcée. À partir du 1er août, la taxe appliquée pour ce type d’infraction passera de 250 à 400 euros.

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