La compagne du principal prévenu a été la première entendue. Les enquêteurs avaient placé son véhicule sous surveillance, ce qui leur avait permis d’observer une transaction sur le parking d’une station-service près de Mons. Les policiers y avaient vu le Louviérois recevoir une importante somme d’argent liquide des mains de son frère. Une autre transaction aurait eu lieu, toujours en région montoise, selon le parquet.

Aveux partiels

Détenu à la prison de Nivelles, le principal prévenu, dont le transfert jusqu’au palais de justice de Mons s’est avéré particulièrement compliqué, reconnaît avoir vendu des stupéfiants. Il conteste toutefois la période infractionnelle retenue par le parquet, son rôle de dirigeant du réseau ainsi que l’ampleur des bénéfices qui lui sont imputés.

Le ministère public lui reproche également, une nouvelle fois, la détention de plusieurs armes et de munitions, parfois dissimulées chez des tiers. Un volet qui rappelle le dossier pour lequel il a déjà été condamné. Les enquêteurs l’avaient alors identifié comme un intermédiaire dans un trafic d’armes entre la Belgique et la France. Il avait d’ailleurs été repéré par les autorités françaises dans le cadre des investigations menées après les attentats de Paris.

Une fusillade à Haine-Saint-Paul

L’homme était impliqué dans la fusillade survenue dans la nuit du 29 au 30 août 2023 près du cimetière d’Haine-Saint-Paul. Une transaction d’armes y avait dégénéré en échange de coups de feu, blessant grièvement un homme. Le tireur a depuis été condamné à huit ans de prison par la cour d’appel, après une première peine de six ans pour tentative de meurtre.

Le Louviérois avait, lui, été acquitté de cette tentative de meurtre mais condamné pour le trafic d’armes. Les enquêteurs avaient notamment localisé son véhicule près du cimetière au moment des faits avant de le retrouver quelques heures plus tard en région parisienne.

C’est précisément cette enquête, menée avec les autorités françaises, qui a permis de mettre au jour le volet stupéfiants. Selon le parquet, les écoutes téléphoniques faisaient régulièrement référence à des sommes d’argent, des prix et des lieux de rendez-vous. Les données des caméras ANPR ont également montré de fréquents déplacements vers les Pays-Bas, où il se serait approvisionné en cannabis.

Il prenait les cartes bancaires de ses clients

Concernant la cocaïne, le ministère public affirme qu’il se fournissait à un tarif de 2.400 euros le kilo, alors qu’il ne percevait officiellement qu’environ 700 euros mensuels du CPAS. L’enquête évoque aussi un projet de commercialisation de cigarettes électroniques contenant du THC. Les enquêteurs lui reprochent enfin d’avoir régulièrement conservé les cartes bancaires de certains clients afin de se payer directement.

Dans son réquisitoire, le substitut du procureur a insisté sur le parcours judiciaire du prévenu. « Légalement, il n’est pas en état de récidive, mais il a commis ces faits alors qu’il attendait son procès dans le dossier de la tentative de meurtre. Au lieu de se tenir à carreau, il a choisi l’argent facile et de se moquer de la justice belge », a-t-il lancé, réclamant une peine de cinq ans de prison ferme. La défense, assurée par Me Radelet, a plaidé une réduction de cette peine.