Commençons par le CO2. Brûler du bois ou des pellets émet beaucoup de CO2, davantage que lorsque l’on brûle du mazout ou du gaz dans une chaudière. « Les quantités de CO2 libérées lors de la combustion du bois ou des pellets sont comparables à celles générées par le charbon, explique Olivier Lesage. On ne peut rien y faire : pour que la combustion du bois et des pellets soit bonne, et que les rejets de particules fines et de CO soient sous contrôle, il faut émettre beaucoup de CO2. »

On nous pousse à rénover, mais par quoi faut-il commencer? Voici six conseils pour un dossier bien ficelé, qui donnera accès aux primes

Néanmoins, le CO2 émis lors de la combustion du bois a préalablement été capté lors de la croissance de l’arbre. On ne fait donc que relâcher du CO2 qui a été capturé auparavant. C’est ce qui fait que le bois est considéré comme une énergie neutre en CO2, à condition qu’il provienne de forêts gérées durablement.

Jean-Yves Saliez ajoute que seule une partie de l’arbre est utilisée comme combustible pour le chauffage. La majeure partie du CO2 capté lors de la croissance de l’arbre reste donc stockée à l’intérieur de celui-ci, selon lui. « La part du CO2 rejetée dans l’air est donc largement compensée par la plus forte croissance des arbres qui vont remplacer ceux qui ont été coupés », ajoute Jean-Yves Saliez.

Néanmoins, certains estiment qu’il serait nettement plus efficace, au niveau du bilan carbone, de placer des panneaux photovoltaïques sur une petite partie des forêts destinées à la production de bois de chauffage. En effet, seule une fraction de l’espace dédié à la culture des arbres serait nécessaire pour produire la même quantité d’énergie, avec des panneaux photovoltaïques.

Selon cette vision, l’énergie perdue en évitant de brûler du bois serait récupérée en consacrant une fraction des surfaces boisées à l’énergie photovoltaïque. Le reste de la forêt continuerait à capter du CO2, mais celui-ci ne serait pas relâché dans l’atmosphère via le chauffage au bois.

La Belgique est confrontée « au plus grand défi immobilier depuis la Seconde Guerre mondiale »L’avantage du bois : il peut se stocker

« La technologie photovoltaïque est très efficace, commente Olivier Lesage, à ce propos. Elle produit environ 180 kWh d’énergie par m2 et par an. Le bois, lui, ne produit environ que 1 à 2 kWh d’énergie par m2. Il faudrait d’ailleurs couvrir une surface équivalente à trois fois la Belgique pour chauffer toutes les habitations avec du bois. Néanmoins, l’avantage du bois est qu’il peut être stocké en vue d’être consommé plus tard, lors du pic de consommation hivernal. » Ce qui permet de diminuer la pression sur le réseau électrique, déjà confronté à un problème de manque de puissance disponible.

Qu’en est-il de la pollution de l’air ?

Les feux à bois ouverts ou les anciens poêles peuvent afficher des performances déplorables au niveau de l’émission de polluants qui affectent la qualité de l’air. C’est notamment le cas en ce qui concerne les particules fines et le CO.

Selon des données fournies par la fédération Febhel, les feux à bois ouverts ou les anciens poêles à bois peuvent émettre respectivement 64 800 mg et 15 120 mg de particules fines par heure. C’est respectivement 37 fois et 9 fois plus que la norme européenne EcoDesign 2022, selon la fédération. Mais un appareil ultra-performant peut émettre 26 fois moins de particules fines que cette norme européenne, toujours selon Febhel.

guillement

Les poêles à pellets de bonne qualité se rapprochent d’ailleurs des performances moyennes des chaudières au gaz et au mazout en ce qui concerne les émissions de CO et de particules fines. »

Une étude de TestAchats, datant de 2018, avait d’ailleurs conclu que les meilleurs poêles à pellets étaient bien en dessous de la norme européenne actuelle, en ce qui concerne les émissions de particules fines.

En ce qui concerne le CO, cette étude de TestAchats a montré que les émissions des appareils à pellets étaient 20 fois inférieures à celles d’un poêle à bois et 12 fois inférieures à celles d’un insert à bois.

43 000 biens toujours déclarés sans chauffage et/ou sans salle de bains : à Bruxelles, le manque à gagner dépasse les 15 millions d’euros par an

L’organisation conseille donc aux personnes souhaitant se chauffer au bois de se tourner vers des poêles à pellets de bonne qualité. « L’avantage des pellets, par rapport à une bûche, est que le combustible est petit et standardisé, explique Philippe Mercier. En outre, le poêle est réglé automatiquement et on obtient généralement une combustion complète. Les poêles à pellets de bonne qualité se rapprochent d’ailleurs des performances moyennes des chaudières au gaz et au mazout en ce qui concerne les émissions de CO et de particules fines. »

Néanmoins, tout le monde n’a pas un appareil de bonne qualité à domicile. « L’enjeu, c’est le renouvellement du parc, confirme Jean-Yves Saliez. Le bois et les pellets ne polluent pas en soi : tout dépend de la qualité de l’appareil, du combustible et de l’installation. »

Si la Belgique devait compter davantage sur le chauffage au bois dans le futur, Philippe Mercier signale que des filtres au niveau des cheminées pourraient capter les particules fines, pour assurer un niveau minimal de pollution.

Enfin, concernant les émissions de NOx, le bois est au même niveau que les autres énergies carbonées (gaz, mazout), selon TestAchats.