L’Agence spatiale italienne (ASI) renforce son engagement dans l’exploration lunaire en se lançant dans le développement de réacteurs nucléaires destinés à alimenter de futures colonies permanentes sur la Lune. Il est à noter que la Russie, la Chine et l’Inde ont également annoncé un partenariat pour la construction d’une centrale nucléaire sur la Lune, dans le cadre du projet russo-chinois de base lunaire ILRS.
Bien que l’idée de nucléariser la Lune puisse surprendre, elle s’impose en raison de l’impossibilité pour des installations solaires, c’est-à-dire fonctionnant avec des panneaux solaires, de fournir une énergie suffisante aux bases lunaires habitées dans le cadre du programme Artemis. Cela s’explique par les cycles lunaires de 14 jours de lumière suivis de 14 jours d’obscurité. Seules des installations nucléaires pourront garantir un approvisionnement constant en électricité pour ces bases.
Italy’s Selene Project: Powering Lunar Exploration! ????????????
Big strides in space innovation! ASI’s Selene Project is developing small nuclear reactors to power Moon settlements, overcoming solar energy limitations during 14-day lunar nights.
???? A giant leap for energy & exploration pic.twitter.com/EOjfI1fMkY
— R.K. Singh (@RKSingh96828356) December 13, 2024
Début décembre, l’Italie a officialisé son projet Selene (Sistema Energetico Lunare con l’Energia Nucleare), visant à développer des petits réacteurs à fission nucléaire, appelés réacteurs nucléaires de surface (SNR), conçus pour fournir une source d’énergie stable et continue aux futures bases lunaires. Le projet se concentre sur le développement du Moon Energy Hub (MEnH), qui remplira cette fonction en utilisant ces réacteurs de surface (SNR).
Répondre efficacement aux besoins des missions lunaires
D’une durée de trois ans, le projet Selene permettra de développer des technologies et des solutions avancées et spatialisées dans des domaines tels que les capteurs, l’automatisation poussée et la transmission d’énergie sans fil. Il permettra également de mettre à l’épreuve, par le biais d’un essai expérimental, l’une des technologies les plus complexes pour le SNR, à savoir l’élimination de la chaleur, dans le but de valider les performances du système et d’accroître la maturité technologique.
Un aspect clé du projet est sa capacité d’adaptation aux fluctuations de la demande d’énergie et à réagir aux changements de charge énergétique et à gérer toute panne de courant. Pour cela, des systèmes de stockage d’énergie seront installés sur la Lune qui garantiront la flexibilité et la fiabilité opérationnelle. Le MEnH sera également équipé d’un système de transmission d’énergie réglable pour soutenir les activités à distance du centre de production et d’un système de réception mobile pour les activités moins énergivores.
L’Italie fortement engagée dans l’exploration lunaire
Cette initiative fait suite au feu vert accordé par la Nasa à l’ASI pour le développement du Multi-Purpose Habitation (MPH), un habitat de surface lunaire, initié par un accord signé en 2022. Ce module d’habitation, pressurisé et polyvalent, vise à fournir aux astronautes un habitat sécurisé et multifonctionnel, aussi bien pour des séjours de courte ou moyenne durée, et capable de s’interfacer avec les systèmes du programme Artemis, tels que d’autres modules ou des rovers par exemple. Il pourra également servir de refuge sur la Lune pour des astronautes en difficulté, quelle que soit leur nationalité.

Tags :
sciences
Artemis : Thales Alenia Space développe un module lunaire habitable
Lire l’article
Ces deux annonces soulignent le rôle de premier plan de l’Italie et de son industrie dans l’exploration humaine et robotique de la Lune. Il est également important de rappeler que l’Italie participe activement à la station Gateway de la Nasa en développant les deux modules européens de cette station spatiale lunaire (Esprit et I-HAB) ainsi que la structure du module américain Halo.
Cet engagement significatif positionne l’Italie de manière favorable pour négocier avec l’ESA et la Nasa le rôle et la place de ses astronautes à bord de la station Gateway et sur la Lune.