Avec cette arrivée d’un nouveau QG, le re-développement annoncé du 5e EMI (élément médical d’intervention, les pharmaciens militaires) et la future présence d’une partie de la Réserve territoriale à Nivelles, le site pourrait héberger à terme un millier de militaires.

« Plusieurs centaines de travailleurs en plus: qu’avez-vous prévu ? »

Au dernier conseil communal, l’opposition MR a rappelé qu’en août 2025, elle avait déjà interpellé la majorité à propos du développement du quartier militaire et de ses conséquences prévisibles au niveau local.

« Comment le collège communal compte aborder cette thématique au cours des prochaines années ?, a interrogé Germain Dalne. Plusieurs centaines de travailleurs en plus à Nivelles, cela veut dire plusieurs centaines de familles qui vont potentiellement chercher à venir s’installer dans notre ville. Nous devons donc anticiper cela. Gouverner, c’est prévoir, et ma question est donc claire: qu’avez-vous prévu ? »

Le bourgmestre Bernard De Ro (Les Engagés), dans sa réponse, a confirmé les chiffres. À terme, le nouveau quartier général du SER devrait amener à Nivelles environ 200 militaires, et on parle à plus long terme de 650 hommes pour le 5e EMI, c’est-à-dire la pharmacie militaire proprement dite, alors qu’ils sont une centaine actuellement. Plus la police militaire (MP), qui est déjà sur place.

« Cela va se faire progressivement, a précisé le bourgmestre aclot. Ils vont construire de nouveaux bâtiments, et renforcer la sécurité sur place. Nous sommes en contact avec le SER et le 5e EMI. Parmi les pistes évoquées pour anticiper l’installation des militaires, on a déjà parlé de la mutualisation des équipements sportifs. »

Des discussions en cours

Axelle Valembois, en charge du Sport dans le collège mais aussi de l’Urbanisme et de la Mobilité, a confirmé des discussions entamées sur les besoins futurs. Le développement du site militaire sera également pris en compte dans le schéma de développement communal (SDC) global qui est en cours de réalisation au niveau communal. Et cet élément sera aussi tenu à l’œil en termes de mobilité, notamment au moment de prioriser certains projets.

« Il faudra aussi penser à la capacité des réseaux électriques, a ajouté l’échevine. On n’en est qu’au tout début, mais nous sommes conscients que ce nouveau quartier sera important, et qu’il aura des besoins spécifiques. »

Pour Germain Dalne, accueillir plusieurs centaines de militaires à Nivelles ne peut pas se résumer à leur donner un accès à certaines infrastructures sportives. Ils seront déjà nombreux en 2030 et le SDC arrivera « en 2029 au plus tôt »… Le conseiller de l’opposition a notamment suggéré au collège des discussions avec le promoteur immobilier qui développe le nouveau quartier Val de Thines. « Il faut anticiper et être innovant sinon, ça sera un carnage », a-t-il prédit.

Une bouteille de champagne en jeu

En matière de prédictions, Pascal Rigot (Écolo), l’échevin de l’Aménagement du territoire, a rectifié illico: le SDC arrivera bien en 2028… et il a parié une bouteille de champagne avec le conseiller MR que ce délai sera tenu.

Lors des questions d’actualité à poser au collège en fin de séance, Pierre Huart (MR) est revenu sur le développement du site de la pharmacie militaire en demandant si cela faisait partie des exceptions au moratoire immobilier mis en place par la majorité Les Engagés-PluS-Écolo.

« Le SDC prendra cela en compte, a répété le bourgmestre De Ro. Pour les logements sur le domaine militaire, on ne peut pas les interdire: ils sont chez eux et ils font ce qu’ils veulent. À l’extérieur, les militaires se logeront dans les immeubles qui existent. »

Pierre Huart, en réplique, a demandé aussi à la majorité d’être attentive au chemin de la Procession, qui longe le site militaire: dans les discussions, le sujet pourrait être abordé pour éviter de le perdre définitivement alors qu’il s’agit d’un endroit de passage du Tour Sainte-Gertrude.