Complicité interne ?
Une explication jugée peu probable par Jean-Denis Lejeune, le papa de Julie. « Dutroux est dans une cellule à l’isolement. Quand il se promène, c’est tout seul. Je ne vois pas comment un autre détenu aurait pu glisser de telles photos dans sa cellule étant donné que Marc Dutroux n’a aucun contact avec les autres personnes incarcérées », s’étonne-t-il.
D’autres hypothèses sont évoquées, à commencer par celle d’une complicité interne. « Quand on entend tout ce qui se passe en prison, on peut envisager qu’un membre du personnel pénitentiaire ait pu introduire ces images. Que ce soit pour piéger le détenu ou pour le satisfaire personnellement ? Je l’ignore », poursuit-il.

Photos Ennio Cameriere , Jean-Denis Lejeune est le père de Julie Lejeune, qui a été enlevée avec Mélissa Russo en Belgique le 24 juin 1995 et emprisonnée dans la cave de Marc Dutroux. Elle avait alors huit ans. Elle est décédée, probablement de faim, entre le 6 décembre 1995 et le 20 mars 1996. Les corps ont été retrouvés le 17 août 1996 ©Ennio CameriereLa thèse du courrier
L’hypothèse du piège tendu par des gardiens de prison semble « peu probable », selon un gardien de prison que nous avons interrogé. « Je n’ai jamais vu ça de ma carrière. Le risque est trop élevé pour pas grand-chose », indique notre contact. « Les livraisons peuvent se faire par drone, par courriers. De la sorte, ces photos auraient pu se retrouver entre ses mains. »
Deux instructions en cours
Notre interlocuteur a déjà travaillé auprès de Marc Dutroux par le passé et a été témoin de l’admiration qu’il a pu susciter auprès de certaines « fans ». « Régulièrement, il recevait du courrier de femmes tombées amoureuses de lui. Il y a vraiment des perturbées… Ces personnes sont capables de tout. Des courriers contenant de l’argent, des lettres d’amour. La thèse du courrier avec des photos cachées n’est pas saugrenue », observe-t-il.
« On me parle toujours de Marc Dutroux, mais ce n’est pas le dossier qui m’a le plus marqué »
Un juge d’instruction a inculpé Marc Dutroux de « possession ou diffusion d’images à caractère sexuel impliquant des mineurs ». Son avocat, Bruno Dayez, aurait demandé une enquête complémentaire afin de déterminer l’âge des personnes apparaissant sur trois images spécifiques.
La perquisition de la cellule de Marc Dutroux a été réalisée le 31 juillet 2024 dans le cadre d’un « sweeping » visant à trouver un ou plusieurs téléphones, comme cela se fait régulièrement. La fouille n’a pas permis de confirmer la détention d’un GSM mais les enquêteurs ont saisi quatre enveloppes contenant des images de femmes nues, dont certaines représentaient des jeunes filles mineures.
Renvoi en correctionnel
À l’issue de différents devoirs, le dossier a été communiqué au parquet le 8 janvier 2025, qui a sollicité des devoirs complémentaires qui portaient notamment sur une actualisation de l’expertise mentale de Marc Dutroux. Le parquet a dès lors requis, le 13 juin 2025, le renvoi de Marc Dutroux devant le tribunal correctionnel pour la détention d’images à caractère pédopornographique.
« La juge d’instruction procède à des investigations complémentaires qui nécessitent le respect du secret des investigations. Le parquet du Brabant wallon regrette vivement la divulgation d’informations parcellaires qui ne contribuent pas à l’avancement de l’enquête », a commenté mardi à Belga le procureur Marc Rézette.
Le ministère public dit estimer qu’une communication correcte et complète nécessite que l’enquête soit terminée et que la chambre du conseil ait décidé s’il existait des charges suffisantes pour un renvoi devant le tribunal correctionnel.
« Le parquet du Brabant wallon fera cette communication lorsque cette étape de la procédure sera atteinte », conclut le procureur brabançon wallon.
Marc Dutroux purge une peine d’emprisonnement à perpétuité après avoir notamment été condamné pour des enlèvements, des viols ou encore des meurtres de plusieurs enfants et jeunes filles.