Aviation: le retour de grèves chez Ryanair cet été ? Les pilotes européens dénoncent des pressions et avertissent, « avec eux on ne sait jamais… »Le débat sur son caractère obligatoire relancé

La diminution est surtout liée au retrait de plusieurs grands groupes de l’industrie agroalimentaire. Selon l’analyse de l’Oqali, le phénomène est particulièrement visible dans les rayons des céréales pour le petit-déjeuner ainsi que des produits laitiers et desserts frais.

L’entrée en vigueur, en mars 2025, d’une nouvelle version du Nutri-Score, dont les critères sont plus exigeants, a conduit certaines entreprises à retirer le logo de leurs emballages. C’est notamment le cas de Bjorg ou encore de Danone pour plusieurs de ses marques. Plus récemment, Kellanova, propriétaire des anciennes marques Kellogg’s, a également abandonné cet affichage. D’autres groupes, comme Coca-Cola, Ferrero ou Lactalis, n’avaient jamais adhéré au dispositif.

Cette évolution relance le débat sur une éventuelle obligation d’afficher le Nutri-Score. En France, une proposition de loi déposée au printemps prévoit de rendre ce logo obligatoire sur les emballages alimentaires ainsi que dans les publicités. Elle pourrait être examinée par les députés à l’automne.

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Un débat qui existe aussi chez nous, d’ailleurs. Car le retrait de certaines marques concerne également les rayons belges. « Des produits sont identiques et commercialisés dans les deux pays. Nous n’avons donc plus non plus le Nutri-Score sur certaines gammes de Danone ou sur les produits Kellogg’s », confirme Laurence Doughan, coordinatrice du Plan fédéral Nutrition Santé au SPF Santé publique.

La Belgique conserve toutefois un atout majeur : le soutien de la grande distribution. Carrefour, Delhaize, Colruyt, Intermarché, Lidl et Aldi utilisent notamment le logo sur tout ou partie de leurs marques propres. « Environ 40 % des achats concernent les marques de distributeur en Belgique. Cela garantit malgré tout une présence importante du Nutri-Score dans les rayons », souligne-t-elle.

Certaines enseignes – Delhaize en tête – ont même construit des promotions autour des produits les mieux classés. « C’est un incitant qui a de la valeur pour les clients. Quand le ticket diminue de 10 % parce qu’on privilégie des produits A ou B, c’est très concret. »

« Quand cela ne les arrange plus, elles quittent le système »

Le caractère volontaire du dispositif reste néanmoins son principal point faible. « Rien n’empêche les entreprises auxquelles les nouvelles règles ne conviennent plus de le quitter purement et simplement. C’est ce qu’ont fait Kellogg’s, Danone, Bjorg et d’autres », regrette Laurence Doughan.

La nouvelle méthode pénalise davantage certains produits riches en sucre, comme les yaourts à boire. « Des marques ont construit toute leur communication autour de la santé, des probiotiques ou des bénéfices nutritionnels. Mais ces produits restent parfois beaucoup trop sucrés. Lorsqu’ils obtiennent une moins bonne note et que cela ne sert plus les intérêts marketing de l’entreprise, le logo disparaît. C’est possible uniquement parce qu’il n’est pas obligatoire. »

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Selon elle, ce retrait pourrait pourtant constituer un mauvais calcul. « Des études ont montré qu’une marque qui affiche le Nutri-Score est perçue plus favorablement par les consommateurs, même lorsque certains produits sont classés D ou E. Afficher la note reste un signe de transparence », avance-telle encore.

Une décision européenne qui se fait attendre

La Belgique souhaiterait idéalement une règle commune à toute l’Union européenne. Un étiquetage nutritionnel harmonisé figurait parmi les objectifs de la stratégie européenne « Farm to Fork », avant d’être écarté des priorités.

« La perspective devrait être d’avoir enfin un système harmonisé pour toute l’Europe. Mais le débat est aujourd’hui bloqué et certains États ou responsables européens sont farouchement opposés au Nutri-Score », constate enfin Laurence Doughan.