Qu’achètent le plus les Wallons, champions du bio en Belgique ?

Comment ont évolué les revenus ? « Les élevages laitiers et les exploitations mixtes ont connu un pic important en 2022, porté par la remontée du prix du lait, avant un retour de bâton net en 2023. Les grandes cultures, elles, ont plutôt bien traversé 2022 et 2023, mais s’effondrent ensuite : leur revenu recule fortement en 2024 et 2025, loin sous leur niveau de départ. L’élevage viandeux, longtemps à la traîne, redresse la tête en 2025. Ces trajectoires ne sont pas de simples « hauts et bas » aléatoires : elles s’expliquent largement par ce qui se passe sur les prix et sur les charges, et c’est là que le bât blesse ».

Evolution du revenu agricole par orientationEvolution du revenu agricole par orientationEvolution du revenu agricole par orientation ©IPM Graphics / Didier LorgeAucune production n’est protégée

L’étude évoque le froment, les betteraves ou encore les pommes de terre. L’exemple du froment illustre bien la difficulté du monde agricole, soumis à des vents contraires. « Les coûts de production et les prix de vente ont évolué en sens inverse tout au long de la période, créant ce que les économistes appellent un effet ciseau. Les charges bondissent d’environ un tiers dès 2022 sous l’effet de la crise énergétique et restent ensuite durablement élevées. À l’inverse, le prix du froment recule année après année pour atteindre, en 2025, un niveau inférieur de plus de 40 % à celui de 2021. Le producteur paie donc plus cher pour produire et vend moins cher pour écouler sa récolte ».

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Aucune production n’est protégée par nature : charges et prix sont tous deux fixés sur des marchés mondiaux sur lesquels le producteur n’a, individuellement, aucune prise ».

L' » effet ciseau » est moindre pour les betteraves et les pommes de terre. Le lait, quant à lui, a connu une meilleure fortune. « Après le choc de 2022, les charges redescendent progressivement à leur niveau de départ, tandis que le prix se maintient au-dessus de celui de 2021, ce qui explique une bonne part du redressement du revenu laitier en fin de période. Une embellie qui ne s’est toutefois pas prolongée en 2026 ».

Autre point intéressant, l’élevage viandeux. « Il bénéficie d’une tension plus favorable entre charges et prix : les charges restent relativement stables sur toute la période, tandis que les prix de vente progressent, avec une accélération marquée en 2025 (+ 35 % environ par rapport à 2021). Ce mouvement ne doit toutefois pas masquer une réalité plus structurelle : sur l’ensemble de la période, l’élevage viandeux demeure l’orientation la moins rentable du panel ».

Le secteur bio wallon a-t-il mangé son pain blanc ?

Et Laura Lahon de résumer la problématique : « aucune production n’est protégée par nature : charges et prix sont tous deux fixés sur des marchés mondiaux sur lesquels le producteur n’a, individuellement, aucune prise. Le sens du ciseau, favorable ou défavorable, dépend donc simplement de la façon dont ces deux marchés évoluent l’un par rapport à l’autre à un moment donné ».

Avec quelles conséquences ? Un recul de 10 % des prix de vente entraîne une baisse de l’excédent brut d’exploitation (EBE) comprise entre 18 et 30 %. La même hausse pour les coûts est moins douloureuse, avec un impact négatif de 6 à 16 % sur ce même EBE. « Si les mécanismes de protection du revenu se concentrent principalement sur les prix, ce n’est donc pas un choix arbitraire : c’est là que se situe structurellement la principale source de risque pour les exploitations agricoles ».