Les vidéos ont montré qu’à chaque fois qu’une araignée tire sur sa toile, c’est un peu comme lorsque la manivelle d’une catapulte est remontée. Un bras ne peut générer qu’une certaine force avec une seule contraction mais l’élasticité de la toile lui permet d’emmagasiner la force de plusieurs contractions et de tout relâcher d’une seule traite, c’est ce qu’on appelle l’amplification de puissance.

L’équipe de chercheurs a également créé des modèles informatiques de toiles pour exécuter des simulations qui leur ont permis de comparer trois types de mouvements : une araignée utilisant l’amplification de puissance de sa toile, sautant à la seule force de ses muscles ou sautant à l’aide d’une énergie interne comme une puce.

D’après leurs modèles, c’est grâce à l’amplification d’énergie provoquée par la toile chargée en tension que l’araignée est en mesure de capturer sa proie.

Cette stratégie est également payante pour les araignées : lors les observations faites en laboratoire, les araignées qui n’ont pas libéré leur toile ont échoué dans la capture de leur proie dans 100 % des cas, selon l’étude publiée le 13 mai dans Proceedings of the National Academy of Sciences. Si les arachnides utilisaient leur toile correctement, leur chance de succès atteignait alors les 70 %.

 

L’araignée n’est pas le seul invertébré à produire de la soie, il en existe d’autres comme les larves, mais « ce n’est pas un phénomène aussi répandu et aussi varié dans sa fonctionnalité qu’il peut l’être chez les araignées, » explique Paul Selden, paléoarachnologue à l’université du Kansas.

Il existe presque autant d’utilisations de la soie qu’il y a d’espèces d’araignées (plus de 45 000). Pourtant, même face aux araignées bolas lanceuses de toile, aux mygales fouineuses conceptrices de trappes et aux araignées qui parviennent à s’envoler grâce à l’électricité statique, les Hyptiotes sortent du lot.

« Je ne vois aucune évolution de ce système de capture chez les araignées, ni aucune toile de capture comparable chez les espèces non apparentées, » indique Selden.

Quelques inconnues subsistent. Par exemple, lorsqu’elle maintient sa toile tendue, H. cavatus semble garder ses genoux courbés, ce qui est extrêmement épuisant pour la plupart des animaux.

« Comment font-elles ? » s’interroge Han. Une question à laquelle elle compte bien répondre.