
Par Gaëtan Willemsen
Publié le 26 juillet à 20h29
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C’est l’un des sports dans lesquels la Belgique excelle le plus : le hockey. Aisling D’Hooghe fait partie des joueuses qui l’ont marqué. Pendant des années, elle a caché un élément clé de sa vie : sa maladie, qui ne l’a pas empêchée d’atteindre le plus haut niveau. Marwa Sebbahi et Guillaume Bruwier l’ont rencontrée pour RTL info.
S’il existe des athlètes qui marquent leur sport autant que les esprits, Aisling D’Hooghe en fait partie. Pendant de nombreuses années, la gardienne des Red Panthers s’est battue en secret contre la maladie. « À plus ou moins 16 ans, on apprend que j’ai la sclérose en plaques » se souvient-elle.
Celle qui avait commencé le sport à 6 ans entend alors des mots durs. « Il y a un médecin qui a dit à mes parents qu’il fallait que j’arrête le sport pour la simple et bonne raison qu’être fatiguée, le stress, sont des choses quand même assez mauvaises pour la sclérose et qu’il ne voulait pas que j’aille trop loin de ce côté-là. Mais aussi, je répète ses mots : car un jour j’allais quand même terminer en chaise roulante. Donc autant arrêter avant de ne plus pouvoir faire de sport. »
Comme son parcours olympique avec les Red Panthers le prouve, ses parents n’ont pas suivi ces recommandations, et elle non plus. « Mes parents ont un peu vu ça différemment. Ils ont bien entendu, bien écouté, et ils ont dit : mais alors, autant faire le plus de sport possible maintenant si un jour il faut arrêter. »
Son papa vient la piquer en cachette pour garder la maladie secrète
Au début, Aisling ne parle à personne de sa maladie. « Si je voulais aller dormir chez des gens, chez des amis, pour une pyjama party, je pouvais y aller. Mon papa venait très tôt le matin me piquer et puis il retournait au lit. »
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Mais un jour, une rencontre la pousse à rendre sa maladie publique. « Après un match, il y a une petite fille qui m’a demandé de signer son t-shirt et elle m’a annoncé qu’elle était malade. Elle n’avait pas la sclérose, mais elle était malade et elle allait devoir arrêter le sport », se remémore-t-elle. « Je me suis un petit peu vue dans cette petite fille et je me suis dit que, si en partageant mon histoire, je peux peut-être influencer l’une ou l’autre personne à continuer quand c’est plus dur, ou juste à ne pas baisser les bras trop rapidement, je me suis dit que ça pouvait quand même avoir son intérêt. »
Sclérose, hockey et… matelas, quel rapport ?
Malheureusement, elle n’avait pas anticipé les conséquences de cette révélation due à son statut de personnalité connue du sport belge. « Je ne vais pas vous mentir, j’ai regretté », avoue-t-elle. « Parce que j’ai eu tellement de demandes de conférences, d’interviews, de tout et n’importe quoi », comme « pour vendre des matelas, ce qui n’avait vraiment aucun rapport », dénonce-t-elle. Heureusement, « à côté de ça, j’ai aussi eu beaucoup de lettres et de témoignages ».
L’autre épreuve qu’elle a dû surmonter dans sa carrière est liée à ses origines belgo-jamaïquaines. « J’ai eu quelques remarques racistes, mais seulement pendant des matchs, car au sein de mon équipe, du club, jamais », révèle-t-elle. « Dès que quelqu’un réussit un petit peu, on cherche comment l’attaquer et là, c’était l’attaque facile », explique-t-elle, fière de ne pas avoir baissé les bras. « J’ai réussi à tout surmonter. J’ai réussi même à avoir un nom et à faire oublier aux gens que j’étais un petit peu plus bronzée que les autres, et même à envoyer un message fort aux personnes de couleur : que c’est possible et qu’on vaut la même chose. »
Heurtée de n’être que réserviste pour les JO de Paris
Elle se souvient particulièrement de sa fin de carrière mouvementée, avec des responsabilités tout autres hors du terrain. « Un des moments les plus compliqués de ma carrière, ça a été un des tout derniers moments. C’est quand j’ai appris la sélection pour les jeux olympiques de Paris et que j’ai appris que j’étais réserviste. Ça a été assez dur à encaisser », avoue-t-elle, « surtout que je savais que c’était la fin, donc j’avais potentiellement déjà joué mon dernier match et je ne savais pas que c’était mon dernier match. »
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La chance ou la malchance, selon où on se place, en aura finalement décidé autrement. « La gardienne titulaire est tombée malade et malheureusement pour elle, j’ai été alignée et à partir de ce moment-là, le coach a décidé de me garder. J’ai eu la chance d’avoir comme premier tournoi les JO à Londres et comme dernier tournoi les JO À Paris. Donc la boucle est bouclée. À côté de ça, j’ai commencé à travailler donc c’était assez intense de jongler. Je suis devenue maman… »
Échevine à Waterloo et maman
Si elle regrette de ne pas avoir fini sa carrière « avec une médaille autour du cou », elle regarde aujourd’hui dans le rétroviseur sereinement : « Ça a été une très très belle aventure. »
À 31 ans et le maillot de Red Panther définitivement au placard, Aisling fait désormais partie d’une autre équipe, celle du conseil communal de Waterloo, en tant qu’échevine MR chargée de la Gestion des Travaux publics et du Dépôt communal, de la Petite enfance et de la Politique des Aînés. Un emploi du temps de politicienne chargé, commencé en 2019, à concilier avec son rôle le plus précieux, celui de maman.
Mais l’ADN d’une sportive ne s’estompe jamais réellement. Son prochain défi est de devenir marathonienne.

