« Je suis un petit gars né en Côte d’Ivoire. Je suis issu d’une famille de trois enfants. Je n’ai pas connu mon père. Je ne me souviens pas très bien de ma découverte de la Belgique, seulement qu’on me surnommait « la Puce ». J’étais minuscule et devenir boxeur ne m’a jamais traversé l’esprit. Ma maman a pris mon éducation en main. Elle s’est occupée de tout. Elle a assumé le rôle d’une mère et d’un père. Elle était assez dure, autoritaire, mais aimante. Son héritage m’a permis d’être ce que je suis aujourd’hui. Grâce à elle, j’ai connu des moments durs, difficiles, mais aussi heureux, joyeux, déterminés. Maman n’est pas le genre de femme à baisser les bras. Elle m’a appris les lois de la vie, qui ne fait pas de cadeau, et à me battre pour tout obtenir. »

Ryad Merhy pose avec ses amours devant
le château de Viron, situé sur le territoire de la commune de Dilbeek, dans le Brabant flamand. Il se trouve à 120 mètres au nord du château médiéval de Dilbeek. ©D.R.
À l’époque, Ryad était, comme tous les jeunes du quartier, à courir derrière un ballon. Il a découvert le pouvoir des gants à l’adolescence. La boxe a réussi à canaliser son énergie. Aujourd’hui, il apprend à vivre intensément. À travers son succès, d’abord, qui implique sa famille. « J’ai eu beaucoup de retombées au niveau des réseaux sociaux. J’ai le sentiment que tout était aligné ce jour-là. Ce qui m’importait, c’était la ceinture et le fait de rendre fiers ceux qui m’aiment. J’ai passé un long moment à signer des autographes, à poser pour des photos. Je sais que montrer une image positive, afficher des valeurs, est important. » « Maintenant, j’espère qu’on va recevoir de belles propositions », a-t-il également confié à Laurent Monbaillu de La DH. « Cela pourrait m’inciter à reculer encore l’âge de la retraite : 35-36 ans, ce serait un bon âge pour raccrocher. En espérant qu’on m’offre un dernier combat au top. Ce serait vraiment la cerise sur le gâteau. »
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Il réfléchit, part jouer quelques minutes avec ses enfants, puis revient et nous dit, telle une profession de foi : « Je ne cherche pas à être un porte-drapeau ou un modèle. Mais si mon parcours et ma rigueur peuvent motiver et aider des jeunes dans un trajet de vie, j’en serai le plus heureux. Savoir que vous aidez des jeunes à pousser la porte des salles de sport plutôt que de traîner dans la rue est un sentiment fort. Je suis conscient que je véhicule une image positive. Je fais donc attention à rester humble. Je reçois parfois des mails ou des messages de jeunes qui me disent que je suis un exemple de motivation pour eux. J’ai grandi dans une commune où les insultes n’étaient pas rares. Ce fut une source de motivation pour m’élever et ne plus avoir à subir. Au moment de savourer, je pense au pays qui m’a accueilli quand j’avais 2 ans, qui a fait de moi un homme et m’a donné la chance de réaliser mon rêve. Il me tient à cœur de le souligner à une époque où l’on oppose les communautés, à un moment dominé par la peur. Encourageons plutôt les gens à se donner la main, cette main qui m’a sauvé à plusieurs reprises quand je touchais le fond ; laissons donc triompher l’amour plutôt que la haine. Permettez-moi de saluer encore ma maman : elle s’est sacrifiée pour me permettre de réaliser mon rêve. » Un chic type, vraiment !

Ses fils Noah (15 ans) et Nathan (13 ans) tentent de s’approprier la ceinture mythique portée par les plus grands champions. À droite, aux côtés de Marie, sa moitié de cœur, et de leur fille Ameline (5 ans), Ryad Merhy savoure ce bonheur longtemps rêvé. ©D.R.