50 ans de Sttellla : « Ce n’est pas une tournée d’adieu »Emotion

Cinquante ans plus tard, Jean-Luc Fonck, le plus gouailleur des chanteurs belges, vient de recevoir aux Francofolies de Spa – ces mêmes Francos qu’il rejoignait à dos de chameau voici quelques années – des mains de la ministre de la Culture, Elisabeth Degryse, les insignes de Chevalier de l’Ordre de la Couronne, un honneur et une distinction qui ont ému l’artiste plus connu pour sa franchise et son impertinence que pour sa sensibilité. Sans doute repensait-il, en cet instant solennel, à l’adolescent, au gamin intrépide qu’il était lorsque, venant de tripler sa quatrième secondaire, il poussa la chansonnette, juste pour rire. C’était en 1975, lors du festival Transmondialmusic – carrément ! – à l’athénée de Berkendael, à Bruxelles. Il monte sur scène avec des camarades pour « une blague ». « C’était un groupe bidon », confie-t-il aujourd’hui. Le problème ? Personne ne savait vraiment jouer. Leur seul titre maîtrisé : « Oh les filles » du groupe Au bonheur des Dames.

Jean-Luc Fonck : « Jacques Mercier m’a fait une proposition qui a tout changé pour moi. Je lui ai dit ‘mais enfin, tu es fou' »

Et pourtant, l’aventure se poursuit avec le succès que l’on sait mais elle ne nourrit pas son homme. Jusqu’en 1988, il travaille comme fonctionnaire au ministère de la Justice multipliant les pauses carrières pour donner ses concerts. En 1992, sa chanson « Torremolinos », qui nous a tous emmenés à la Costa del Sol, le fait réellement décoller mais pour lui ce qui a tout changé, confiait-il récemment en nos colonnes, c’est le jour où Jacques Mercier lui a demandé de participer au Jeu du dictionnaire, d’intégrer cette bande d’érudits rigolos qui ont fait le succès cette émission culte et regrettée. Une participation remarquée qui contribua sans doute à faire de lui le Don Quichotte de la chanson belge.