Le scanner avait mis près de dix ans à voir le jour à Corte, après plusieurs années de revendications populaires. L’IRM suivra-t-elle le même chemin ? Le 3 juillet dernier, le conseil de surveillance du centre hospitalier de Corte-Tattone a adopté à l’unanimité une délibération demandant l’implantation d’un appareil d’imagerie par résonance magnétique (IRM) au sein de l’établissement. Une décision qui marque le lancement d’une procédure, sans pour autant garantir que l’équipement verra effectivement le jour.
Car, à ce stade, rien n’est encore acquis. Cette délibération constitue avant tout la première étape d’une demande officielle. C’est désormais au centre hospitalier de mener plusieurs études afin de constituer un dossier qui sera remis à l’agence régionale de santé (ARS) de Corse afin qu’elle donne son feu vert.
« La réglementation permet, pour un établissement disposant déjà d’une autorisation de scanner, l’implantation d’un second équipement d’imagerie lourde », rappelle le maire de Corte et président du conseil de surveillance de l’hôpital, Xavier Poli.
Plus d’examens que prévu
Si cette demande est aujourd’hui portée par le conseil de surveillance, c’est parce que les besoins ont évolué.
« Depuis la mise en service du scanner à Corte en octobre 2022, son activité connaît une progression continue, témoignant d’une demande importante de la population et des professionnels de santé, précise le maire et docteur Xavier Poli, pour exemple, l’hôpital a réalisé 5 845 scanners en 2025 alors que les prévisions lors du dépôt du dossier d’autorisation étaient estimées à 3 500 scanners par an. Par ailleurs, le développement des consultations spécialisées au sein de l’hôpital conduit de plus en plus fréquemment à prescrire des examens IRM indispensables pour confirmer ou affiner les diagnostics. »
Le scanner est fonctionnel depuis octobre 2022. Archive Jeannot Filippi
Si le projet aboutit, ses bénéfices pourraient être comparables à ceux observés depuis l’installation du scanner. Avant 2022, les habitants du Centre Corse devaient parcourir plusieurs dizaines de kilomètres jusqu’à Bastia, Calvi ou Ghisonaccia pour réaliser un scanner. Une situation particulièrement pénalisante pour les personnes âgées, les patients fragiles ou les actifs contraints d’y consacrer une journée entière.
Exit les longs déplacements
Aujourd’hui, le constat est similaire pour les examens IRM. Faute d’équipement à Corte, les patients doivent toujours se rendre vers les autres centres de l’île, avec des délais parfois importants et des déplacements longs et coûteux.
« L’installation d’une IRM permettrait ainsi de compléter l’offre d’imagerie médicale du Centre Corse, de réduire les délais d’accès aux examens et d’éviter à de nombreux patients de longs et coûteux déplacements, tout en renforçant l’attractivité médicale de l’hôpital et l’égalité d’accès aux soins sur un territoire de montagne », souligne Xavier Poli.
Reste désormais à franchir les différentes étapes administratives, ce qui pourrait prendre plusieurs années.
Un financement à assurer
Si l’autorisation est accordée, une autre phase s’ouvrira : celle du financement. Là encore, aucun montage n’est arrêté à ce jour.
L’exemple du scanner offre toutefois un précédent. Son acquisition avait été rendue possible grâce à la mobilisation de plusieurs partenaires publics, notamment l’ARS et le Comité de massif. Le même schéma pourrait être envisagé pour une IRM. En revanche, comme pour le scanner, le fonctionnement quotidien de l’équipement devrait être assuré par les recettes générées par son activité.
Au-delà du coût de l’appareil lui-même, un tel projet implique également des aménagements techniques, des locaux adaptés ainsi que des ressources humaines spécialisées.
Les infiltrations bientôt disponibles à l’hôpital de Corte
Selon nos informations, l’établissement travaille sur l’acquisition d’un module supplémentaire pour le scanner déjà en place qui permettrait de réaliser des infiltrations. Un service qui pourrait être disponible d’ici à fin 2026.