l’essentiel
Pierre Fort, figure emblématique d’Izotges, a marqué sa région par son engagement éducatif et artistique. Né en 1919, cet instituteur passionné de rugby transformait le bois flotté en sculptures, dont certaines sont exposées à Plaisance. Ses œuvres, offertes à la municipalité, témoignent de son héritage culturel et local.

Pierre Fort était ce que l’on a coutume d’appeler un « personnage ».

Né à Izotges en 1919, ce fils d’une famille d’agriculteurs de quatre enfants se distingua en devenant le premier élève du cours complémentaire à intégrer l’École normale d’Auch. Devenu instituteur, il enseigna d’abord à Préchac-sur-Adour avant de revenir dans son école plaisantine, où il exerça près de trente ans, puis termina sa carrière comme PEGC.
« Il était doté d’une mission d’éducation et possédait des talents artistiques et manuels remarquables. J’étais impressionné par les cartes de géographie qu’il façonnait dans des bacs à sable en reproduisant les reliefs et les couleurs », se souvient Alain Lagors, qui fut son élève.

« Enfant du pays, il était passionné de rugby, d’abord comme joueur au club local, puis comme dirigeant et supporter. Dans les années 70, il restaura lui-même sa maison à colombages, sur la place de la mairie. Son potager était un chef-d’œuvre d’organisation. Il incarnait à lui seul la rigueur et la poésie qui caractérisaient Pierre Fort, et nombreux étaient ceux qui s’arrêtaient pour l’admirer. »

L’homme, qui s’engagea également au sein du Bataillon de l’Armagnac, avait aussi un don pour transformer le bois flotté en sculptures. Il le prélevait lors de parties de pêche avec son fils Robert dans l’Adour et l’Arros, avant de le laisser dériver au gré de son imagination. Ses œuvres, que son épouse appelait les « aoujami » (les choses drôles), constituèrent au fil des années une remarquable collection, dont il fit don en partie à la municipalité. Certaines sont exposées de façon permanente à la médiathèque et à la mairie de Plaisance, d’autres sont visibles sur les berges de l’Arros.

Les sculptures sont à découvrir notamment en vbordure de l'Arros.

Les sculptures sont à découvrir notamment en vbordure de l’Arros.
DDM – M.F.

« Mon père a toujours considéré que sa production avait un caractère éphémère, par la nature même de la matière, et son discours n’a jamais varié de son vivant : « À ma mort, vous n’aurez qu’à choisir celles que vous voulez, et le reste, vous n’aurez qu’à le brûler » », souligne son fils. Devenues de véritables vigies, elles signalent aujourd’hui la montée des eaux lors des crues, au risque d’être emportées par les flots. Une jolie façon de retrouver un jour, peut-être, le cours d’eau dont elles sont issues.