Seuls Tadej Pogacar et Richard Carapaz ont semblé aussi frais que lui après trois semaines d’un périple qui aura conduit le peloton de Barcelone à Paris. Remco Evenepoel se sentait tellement bien qu’il s’est amusé, dimanche matin, à danser sur du Michael Jackson dans le bus de l’équipe Red Bull-BORA-hansgrohe.
Ce Tour a validé tous ses choix
Alors que l’on se demandait, avant le Tour, si le Brabançon avait eu raison de zapper la compétition pendant deux mois après sa 3e place au bout de La Doyenne, il a apporté la plus cinglante des réponses. Deux victoires d’étape, dont une en montagne, au Plateau de Solaison, et une deuxième place finale au classement général ont totalement validé ses choix. « C’est pour une telle issue que j’ai fait tous ces sacrifices pendant des longues semaines, dit-il fièrement. J’ai montré qu’il n’y a aucune raison de douter de moi. Je suis très fier de terminer 2e du Tour derrière un gars qui marque l’histoire en s’imposant pour la 5e fois. Donc, c’est très spécial pour moi. C’est une performance que je n’oublierai jamais. »
« Cela fait un an que j’y pense » : Mathieu van der Poel a été au bout de lui-même pour remporter la dernière étape du Tour de France !Plus léger mais tout aussi puissant
Délesté de quatre kilos depuis fin avril, il a réussi l’incroyable pari de devenir (beaucoup) plus fort en altitude tout en gardant son exceptionnelle puissance. « Red Bull-BORA-hansgrohe est parvenu à le faire descendre à un poids inédit, ce que nous n’avons jamais réussi », reconnaît Patrick Lefevere, son ancien boss chez Soudal Quick-Step.
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Le meilleur est à venir pour lui, alors qu’il a déjà un palmarès incroyable.
Du coup, il a beaucoup moins souffert en très haute altitude. Mieux : il s’y est même illustré. Jugez plutôt. Aux Angles et à Gavarnie-Gèdre, il n’a concédé du temps quà Pogacar et Vingegaard et seul le Slovène l’a devancé au Lioran. Il n’a finalement lâché un peu de terrain aux autres candidats au podium qu’au Markstein, avant de s’imposer au Plateau de Solaison et de réussir un triptyque alpestre exceptionnel en fin de troisième semaine. « Il a fait des progrès énormes en montagne, constate aussi Lefevere. Cela me fait dire que le meilleur est à venir pour lui, alors qu’il a déjà un palmarès incroyable. » Il compte, en effet, déjà 76 victoires – et pas n’importe lesquelles ! – et 34 deuxièmes places à seulement 26 ans !

Seul Tadej Pogacar était (nettement) plus fort que le Brabançon cette année. ©GVGLa barrière des 2000m d’altitude n’est plus un frein pour lui
Premier Belge à monter sur la 2e marche du podium du Tour depuis Lucien Van Impe – dont il fera la connaissance ce lundi soir au critérium d’Alost – en 1981, Evenepoel a montré que la barrière des 2000 mètres d’altitude ne constitue plus un frein à ses ambitions. Il a aussi réglé le compte qu’il avait avec le Tourmalet, où il avait connu une défaillance à la Vuelta en 2023 et abandonné au Tour 2025.
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Si au début du Tour, on se demandait comment se passerait la collaboration entre Evenepoel, 3e du Tour 2024, et Florian Liptowitz, 3e un an plus tard, le Brabançon a gagné toute sa légitimité en s’imposant au Plateau de Solaison où il avait été le seul capable de suivre le duo Pogacar-Del Toro. Si l’abandon de l’Allemand 48 heures plus tard lors du chrono de Thonon-les Bains évita tout débat supplémentaire, la démonstration du triple champion du monde de l’exercice a fini d’asseoir son leadership auprès de ses équipiers. Depuis, il n’a plus hésité à prendre la parole dans le bus, à tenir des discours rassembleurs comme il sait le faire. Ses équipiers, qui avaient été fort discrets en première partie de Tour, se sont alors mis à plat ventre pour lui, à l’image de Cattaneo, Van Gils ou encore Hindley lors des étapes alpestres. Ils ont même dicté le rythme en tête du peloton dans certains cols.
Un peu plus proche de Pogacar
Quand il a quitté Soudal Quick-Step pour Red Bull-BORA-hansgrohe, le double champion olympique avait dit vouloir se rapprocher de Tadej Pogacar. Dans les chiffres, c’est le cas, puisqu’il a terminé le Tour avec 6:26 de retard sur le Slovène, alors qu’en 2024, il avait pris la 3e place finale avec un débours de 9:18. Il y a deux ans, il avait semblé plus euphorique qu’aujourd’hui. « C’était mon 1er Tour, je montais sur le podium avec le maillot blanc. C’était presque surprenant. Cette fois, je suis arrivé avec un autre était d’esprit. Je voulais gagner une étape et finir dans le Top 3. C’était clair dans ma tête. Mais je ne suis pas moins heureux pour ça, croyez-moi ! J’ai l’air calme mais, intérieurement, il y a énormément de bonheur. »
Mais c’est surtout l’état de fraîcheur dans lequel il a achevé ce Tour qui valide ses progrès, même s’il concède lui-même que « Pogacar est intouchable ». « Je progresse au classement et il ne me reste plus qu’un pas à faire. Mais ce n’est pas pour tout de suite. Pour le moment, aussi longtemps que Tadej prendra le départ du Tour, je lutterai pour la 2e ou la 3e place. Mais j’ai fait un grand pas en avant. Je me suis prouvé que je peux continuer à rêver de gagner d’autres grands tours. Et puis, Paris est une ville spéciale pour moi. J’y ai été double champion olympique et maintenant je monte sur la deuxième marche du podium. »
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Avant de se projeter dans la prochaine édition, Evenepoel précise : « J’ai d’abord d’autres objectifs à atteindre ». Ce lundi, Remco Evenepoel prendra le départ du critérium d’Alost et, le lendemain, il sera à Roulers. Après cette mise en bouche, il disputera la Clasica Saint-Sébastien (1/8), qu’il a déjà remportée à trois reprises.
Et après ? Il participera aux Grands Prix de Québec (11/9) et de Montréal (13/9), avant de défendre son titre mondial du chrono (20/9) et de disputer la course en ligne des Mondiaux (27/9). La semaine suivante (4/10) en Slovénie, il tentera de devenir champion d’Europe sur route, seul titre qui manque à sa panoplie. Et, en principe, il enchaînera avec Tour de Lombardie (10/10), dont il a pris la 2e place lors des deux dernières éditions derrière… Tadej Pogacar. Encore lui.