Même la presse flamande a fait le déplacement pour capturer le paradoxe de voir le nationaliste en chef se promener au milieu des vaches wallonnes. « Je suis un garçon de la ville, un citadin. Mon expérience la plus proche avec un cheval de trait consiste à avoir lu un livre sur ce sujet », confesse-t-il.

LIBRAMONT, BELGIUM - JULY 27 : PM Bart De Wever (N-VA) visits the Libramont Agricultural Fair 2026 ( lunch at the Fair, organised by AKT and reserved for 200 Belgian and Luxembourg CEO's and visit with Christophe Hansen (European Commissioner for Agriculture)) on July 27, 2026 in Libramont, Belgium, 27/07/2026 ( Photo by Didier Lebrun / PhotonewsLIBRAMONT, BELGIUM - JULY 27 : PM Bart De Wever (N-VA) visits the Libramont Agricultural Fair 2026 ( lunch at the Fair, organised by AKT and reserved for 200 Belgian and Luxembourg CEO's and visit with Christophe Hansen (European Commissioner for Agriculture)) on July 27, 2026 in Libramont, Belgium, 27/07/2026 ( Photo by Didier Lebrun / PhotonewsBart De Wever était accompagné de Christophe Hansen, le commissaire européen de l’Agriculture. ©DLE

« C’est un acte qui montre qu’il est vraiment devenu le Premier ministre de toute la Belgique », nous souffle une échevine locale qui a souhaité garder l’anonymat.

La venue de « BDW » est le fruit d’un petit lobbying du groupe MR. C’est le Gaumais Benoît Piedbœuf, chef de groupe MR à la Chambre, qui, avec le soutien du ministre fédéral de l’Agriculture, le Biévrois David Clarinval, a convaincu l’Anversois de venir pour les 100 ans de la Foire.

Maximus, Tomorrowland et pâté

Bart De Wever est guidé au milieu des animaux par le CEO de la Foire, le flamand Olivier Van Cauwelaert. « C’est un peu notre Tomorrowland à nous », envoie ce dernier sur le ton de la plaisanterie à l’ancien bourgmestre d’Anvers. « Je suis très content qu’il soit venu. Cela donne une grande visibilité à la Foire », se réjouit le député fédéral Anthony Dufrane (MR).

Parmi les nombreux participants qui viennent lui serrer la main, il y a le nouveau et vigoureux président de la Fugea Quentin Goffinet. D’autres tentent de lui parler de Maximus, le chat qu’il héberge au « Seize » et qu’il a transformé en célébrité d’Instagram. « Il n’a pas pu venir car il n’aime pas la voiture », répond le maître du félin gris.

LIBRAMONT, BELGIUM - JULY 27 : PM Bart De Wever (N-VA) visits the Libramont Agricultural Fair 2026 ( lunch at the Fair, organised by AKT and reserved for 200 Belgian and Luxembourg CEO's and visit with Christophe Hansen (European Commissioner for Agriculture)) on July 27, 2026 in Libramont, Belgium, 27/07/2026 ( Photo by Didier Lebrun / PhotonewsLIBRAMONT, BELGIUM - JULY 27 : PM Bart De Wever (N-VA) visits the Libramont Agricultural Fair 2026 ( lunch at the Fair, organised by AKT and reserved for 200 Belgian and Luxembourg CEO's and visit with Christophe Hansen (European Commissioner for Agriculture)) on July 27, 2026 in Libramont, Belgium, 27/07/2026 ( Photo by Didier Lebrun / PhotonewsBart De Wever a pu jauger la corpulence des Blancs-Bleus-Belges. ©DLE

Le Premier ministre observe ce qui fait la fierté des agriculteurs : un étalon ardennais, un bœuf Blanc-Bleu-Belge, des bio-solutions, des machines gigantesques, des fromages, des charcuteries. Il refuse d’abord les dégustations avant de se laisser tenter par un toast au pâté et une pâtisserie. On lui présente ensuite un robot qui utilise l’intelligence artificielle pour désherber les champs sans l’aide de produits phytosanitaires. « Je vais l’utiliser dans ma chambre pour désherber », plaisante le chef de l’Arizona.

Cheval de trait

Le cheval de trait ardennais semble l’avoir particulièrement impressionné. « Pour ma part, j’ai déjà parfois du mal à faire avancer un seul dossier, tandis que cet animal déploie quinze fois sa puissance… et ça, sans jamais se plaindre. Et, de surcroît, il ne fait jamais de sorties dans la presse et ne revient jamais sur les accords. »

Dans son discours prononcé lors d’un déjeuner avec des entrepreneurs, l’historien derrière le politicien se saisit de l’image du cheval de trait pour démontrer l’importance jouée par la technologie dans l’évolution industrielle et économique de l’agriculture. Et dans la foulée, vilipender la régulation européenne.

Devant la presse, le Premier se dit « content de voir l’innovation dans le secteur agricole et l’optimisme » que lui communiquent les exposants. « Ça fait du bien. »

Benoit Piedboeuf and Prime Minister Bart De Wever pictured during a visit at the 90th edition of the Libramont Agricultural fair (24-27/07), on Monday 27 July 2026, in Libramont. BELGA PHOTO JULIEN WARNANDBenoit Piedboeuf and Prime Minister Bart De Wever pictured during a visit at the 90th edition of the Libramont Agricultural fair (24-27/07), on Monday 27 July 2026, in Libramont. BELGA PHOTO JULIEN WARNANDBart De Wever a goûté les pâtisseries de Copains ©Belgaimage

Il envoie un message de soutien au « secteur industriel qui est en crise en Europe », fustigeant les « charges administratives, la réglementation aux niveaux national et européen ». « Les objectifs de durabilité sont importants, mais nous devons rester réalistes aussi concernant la compétitivité du secteur, la concurrence équitable avec le reste du monde, l’innovation, l’accès au marché. Ce sont les grands thèmes dont on doit discuter. »

Simplification complexe

Et la simplification administrative, cet allègement des charges administratives réclamée par les agriculteurs ? « Il y a peu de choses qui sont si complexes que la simplification », répond Bart De Wever, provoquant quelques éclats de rire dans l’assistance. « Les gens se plaignent depuis des années. On doit se réveiller à chaque niveau : région, national, européen. Je dois quand même constater que le vent est en train de changer dans notre pays, mais aussi à l’échelle européenne. »

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Face aux conséquences du dérèglement climatique, le citadin anversois loue la résistance de « l’agriculteur, le meilleur gardien du paysage qu’on peut avoir ». Il dit être convaincu que « notre agriculture est l’un des piliers les plus précieux de notre puissance économique et de notre riche patrimoine culturel. » Et que « si l’agriculture disparaît, on aura de vraies difficultés. »