L’artiste apparaît sur la scène de la mode en 1988. Cinq ans après, il organise déjà sa propre disparition médiatique. Reste des photographies volées, des souvenirs de défilés et des adresses oubliées comme dans un roman de Modiano.
« Nous vous remercions de respecter l’anonymat de M. Margiela et de ne pas diffuser de portrait de lui. » L’avertissement apparaît en caractères gras, en rouge, au début d’un courriel adressé à la presse le 1er juin 2026. Il y est question d’une vente aux enchères d’archives personnelles du créateur, organisée le 9 juillet à Paris, au 71, rue de la Fontaine-au-Roi, dans le 11e arrondissement.
Les journalistes sont invités à se limiter aux images transmises par la maison de vente. Parmi les lots, photographiés par Martin Margiela lui-même, figurent une blouse blanche portant, au col, l’inscription « Martin » écrite au stylo noir, une paire de chaussures tabis recouverte de graffitis (1991), une montre Hermès à double tour dans sa boîte d’origine, un téléphone à cadran repeint en blanc (1988).
Un inventaire à la Prévert ou plutôt un roman à la Modiano, pour percer le mystère de ce créateur né à Louvain, en Belgique, en 1957. Ou en 1959 ? Même sa date de naissance prête à toutes…
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