Deuxième du programme des douze nouveaux porte-drones de guerre des mines commandés à Naval Group et Exail par la Belgique et les Pays-Bas, le Vlissingen a définitivement quitté la Bretagne, où il a été construit. Il est attendu à la fin de cette semaine dans la base navale de Den Helder, où il sera officiellement livré à la marine néerlandaise.

Première unité du programme belgo-néerlandais rMCM destinée à la Koninklijke Marine, le Vlissingen, après un passage en cale sèche au port de commerce de Brest, a quitté la pointe Bretagne le 22 février, a constaté Mer et Marine. Désormais achevé, le bâtiment a d’abord rallié la base navale belge de Zeebrugge, où la tête de série de ce programme, l’Oostende, a été réceptionnée par la Belgique en novembre dernier. Avant de rejoindre les Pays-Bas, le Vlissingen est donc arrivé le 24 février à Zeebrugge pour y mener des essais d’intégration de son système robotisé de guerre des mines. Il va ensuite rallier son port d’attache, la base navale de Den Helder, où il est attendu vendredi 27 février. Il y sera alors officiellement livré à la flotte néerlandaise. 

 

Le Vlissingen quittant la rade de Brest le 22 février pour rejoindre la mer du Nord. 

 

Le Vlissingen quittant la rade de Brest le 22 février pour rejoindre la mer du Nord. 

 

Le Vlissingen quittant la rade de Brest le 22 février pour rejoindre la mer du Nord. 

 

Le Vlissingen a pour mémoire vu sa coque produite par Kership (société commune de Piriou et Naval Group) à Lanester, près de Lorient. Après sa mise à l’eau, elle avait rejoint Concarneau, où Piriou a assuré la fin de son armement. Le bâtiment avait débuté ses essais en mer en mars 2025, évoluant entre le port finistérien et la rade de Lorient. 

L’Oostende et le Vlissingen sont les premiers d’une série de douze bâtiments de guerre des mines de nouvelle génération, dont six sont destinés à la Belgique (qui pilote le programme au plan étatique pour les deux nations) et les six autres aux Pays-Bas. Il s’agit des premières plateformes nativement conçues comme des porte-drones. La commande a été notifiée en 2019 à Belgium Naval & Robotics, consortium réunissant Naval Group et Exail. Le premier a conçu le bâtiment alors que le second livre les systèmes robotisés de guerre des mines,  qui sont produits dans sa nouvelle usine belge d’Ostende

Longs de 82.6 mètres pour une largeur de 17 mètres et un déplacement à pleine charge devant atteindre 2800 tonnes, les bâtiments mettent en œuvre deux drones de surface (USV) de 12 mètres du type Inspector 125, logés dans un vaste hangar avec mise à l’eau et récupération sur chaque bord. Ces USV embarquent différentes charges utiles : soit un sonar remorqué T18-M ou un drone sous-marin (AUV) A18-M pour la détection et la localisation des mines, soit des robots téléopérés (ROV) SeaScan et K-Ster pour leur identification et leur neutralisation. 

La construction des bâtiments a été sous-traitée par BNR à Kership, qui s’appuie sur trois chantiers navals pour réaliser les douze navires : son site de Lanester, ainsi que deux chantiers de Piriou : l’établissement historique de Concarneau, qui assure en plus la phase d’armement de toutes les coques, ainsi que la filiale roumaine du groupe, à Giurgiu, sur les bords du Danube. La coque du sixième bâtiment (le futur Ijmuiden), qui a justement été réalisée en Roumanie, est arrivée cette semaine en Bretagne.  

Deux autres chasseurs de mines de ce type seront achevés par Kership et livrés par BNR cette année, le Tournai et le Scheveningen, qui rejoindront pour le premier la marine belge et pour le second la marine néerlandaise. Suivront, entre 2027 et 2030, les Brugge (Belgique), Ijmuiden (Pays-Bas), Liège (Belgique), Harlingen (Pays-Bas), Antwerpen (Belgique), Delfzijl (Pays-Bas), Rochefort (Belgique) et Schiedam (Pays-Bas).

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