Goût incomparable

Sur les marchés, ces touristes son dupes, persuadés de consommer des charcuteries provenant de porcs de l’île élevés en liberté. « Le goût est incomparable », vont-ils même jusqu’à assurer. Pour ces producteurs et revendeurs, c’est le jackpot, les bénéfices se chiffrent en millions.

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Pire, les clients sont fans du saucisson corse. Un produit de tradition? Absolument pas, rétorque ce producteur. « Cela ne fait pas partie de la tradition. On n’a jamais fabriqué de saucisson d’âne par le passé. Ce n’est qu’il y a quelques années que nous avons commencé cette production, car cela répondait à une demande. Ce saucisson d’âne est fabriqué à partir de viande d’âne venant principalement du Brésil, pour la bonne et simple raison que l’âne est sacré sur notre île. On n’abat pas les ânes, on les vénère. A 15 ou 20 € du kilo, c’est une affaire très rentable. Tout comme le saucisson d’âne, les charcuteries de sanglier prennent aussi de plus en plus d’ampleur. Mais comme pour les autres viandes, le sanglier ne provient pas de Corse, mais est importé congelé depuis les pays de l’Est. »

Respect de la loi

Toutefois, les producteurs disent respecter la loi et assurent que si elle devait être modifiée et qu’il fallait préciser la provenance des viandes transformées, ils le feraient.

La charcuterie n’est pas le seul produit « trompeur » qu’on trouve sur les marchés français. C’est aussi le cas des fruits et légumes vendus par de soi-disant producteurs-maraîchers. Pour s’y retrouver, fuyez les étals garnis d’une multitude de produits différents. Les véritables petits producteurs se limitent généralement à une quantité limitée de variétés. Certains, sans scrupules, n’hésitent pas à importes des fruits et légumes de pays voisins, notamment d’Espagne où ils sont moins chers et à les reconditionner dans des cageots rustiques, estampillés d’étiquettes « françaises » ou mentionnant une production locale. Au bord des routes, la plupart des marchands ne vendent pas des produits de la ferme. « Pour éviter de vous faire gruger, acheter auprès de producteurs vendant leurs produits directement à la ferme où au bord de leurs champs de production. »

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Gare aussi aux fromages dits « artisanaux » vendus sur les marchés. Dans bien des cas, le vendeur n’a jamais vu une ferme de sa vie. Ces pseudos producteurs vendeurs ne sont en réalité rien d’autre que des professionnels de la tchatche tels qu’on les rencontre sur les foires avec de soi-disant produits miracles.

Les techniques de tromperie sont bien rodées : présentation en vrac, sans étiquetage, grosses meules découpées « généreusement » pour faire grimper la facture… Il s’agit très souvent de fromages industriels, labellisés mais déclassés, voire de copies de produits protégés. Le consommateur, lui, paie plein pot pour un produit sans la qualité promise.

Autre victime de la contrefaçon : le nougat de Montélimar. Produit phare du patrimoine gastronomique français, il est censé contenir au minimum 25 % de miel et 30 % d’amandes. Et coûte entre 30 et 45 € le kilo. Mais sur les marchés, certains vendeurs peu scrupuleux n’affichent même pas les prix. Résultat : des morceaux vendus jusqu’à 80 € le kilo, pour une qualité bien inférieure aux standards.

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Chaque année, la Répression des fraudes met au jour de nombreux cas de fraude sur l’huile d’olive. Ce fléau ne touche pas que la France. En cause : la pénurie d’olives et la flambée des prix, qui ont attiré les convoitises de réseaux criminels.

Même méfiance du côté des miels dits « locaux ». En France, la consommation annuelle dépasse les 40 000 tonnes… alors que la production nationale plafonne à 16 000. L’écart est souvent comblé par des miels importés, parfois présentés comme 100 % artisanaux. Pire encore, certains miels vendus sur les marchés proviennent de Chine, premier producteur mondial avec 300 000 tonnes par an.

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