Prévenir le prochain scandale des maisons de repos : “Des solutions contre la maltraitance existent et ont déjà fait leurs preuves”Pourquoi ce silence persistant ?
La schizophrénie souffre d’une image déformée. On la confond encore avec le dédoublement de personnalité. On l’associe à tort à la dangerosité. En réalité, il s’agit d’un trouble psychique complexe, mêlant hallucinations, idées délirantes, troubles de la pensée, mais aussi repli sur soi et perte d’élan. Les personnes concernées sont bien plus souvent fragilisées que menaçantes.
Le premier frein à la prise en charge n’est pas médical, il est social. Dire que l’on entend des voix ou que l’on se sent persécuté semble inconcevable. Dans un kot à Louvain-la-Neuve, un bureau à Bruxelles ou une famille à Charleroi, le risque d’être étiqueté paraît immense. Cette autostigmatisation retarde l’accès aux soins, alors qu’une intervention précoce améliore nettement le pronostic.
« Tax shift » sur le gaz et l’électricité: allez-vous y gagner? 5 chiffres pour comprendreUn “coming out” psychiatrique encore risqué ?
Recevoir le diagnostic est une étape. L’annoncer en est une autre. Beaucoup parlent d’un véritable “coming out” psychiatrique. Au travail, à l’université, dans certaines familles, le trouble reste tabou. Pourtant, lorsque le dévoilement est accompagné, il peut devenir un levier de rétablissement. Mettre des mots sur la maladie, c’est élargir le cercle de soutien et reprendre prise sur son parcours.
À l’occasion des Journées de la Schizophrénie (14-21 mars 2026), l’association PositiveMinders lance une campagne nationale intitulée « Le bon moment ». Son message est clair : l’enjeu n’est pas de forcer la parole, mais de préparer la société à écouter. Car aider à en parler, c’est d’abord apprendre à ne pas juger.
Se confier d’abord à une intelligence artificielle ?
Autre évolution marquante : certains jeunes se tournent d’abord vers une IA pour parler de leurs symptômes. Disponible à toute heure, perçue comme neutre, elle offre un premier espace de verbalisation. Cela peut aider à formuler ce qui fait peur. Mais le risque existe d’une mauvaise interprétation ou d’un retard de consultation.
La question n’est pas d’opposer technologie et psychiatres, mais de réfléchir à leur complémentarité. Comment transformer ces premiers dévoilements numériques en passerelle vers des professionnels de santé, en Wallonie et à Bruxelles ?
Derrière les 100.000 cas belges, il y a autant de trajectoires possibles. Avec un traitement adapté et un accompagnement précoce, il est possible d’étudier, de travailler, de construire une vie. Encore faut-il que nous soyons prêts à entendre ceux qui, aujourd’hui encore, hésitent à parler.