Anne Morea, artiste plasticienne, exposait son travail du 6 juin au 26 juillet à la galerie Corbata Rosa à Massais. Portrait d’une artiste en réflexion sur notre rapport à la nature.
Anne Morea vit à proximité de la Loire, au sud d’Angers, dans un environnement propice à la création. Après des études à l’école des Beaux-Arts d’Angers, où elle a eu l’occasion de travailler avec Jean-Pierre Pincemin, Philippe Cognée ou encore Edward Baran, elle se tourne principalement vers la peinture, la gravure, le dessin, la sculpture et l’installation.
Elle travaille depuis quelques années sur le motif de l’arbre : tant dans la forme que dans les matériaux utilisés. Devenu son sujet de prédilection, il permet de porter une réflexion plus large sur la place de l’homme au sein d’une nature instable et éphémère. L’arbre est également, selon elle, une belle analogie de la figure humaine : « Les arbres sont comme des métaphores vivantes de notre propre existence. Leur croissance lente et régulière, leur capacité à s’enraciner profondément dans le sol tout en atteignant le ciel symbolisent notre propre quête de stabilité et de transcendance. Leurs branches entrelacées évoquent nos liens complexes avec les autres et avec notre environnement », explique-t-elle.
Un monde éphémère et instable
Dans ses récents travaux, présentés à la galerie La Corbata Rosa dans l’exposition « Territoires Sensibles », elle utilise la fragilité du papier et la transparence du matériau pour dire l’éphémère et l’instabilité du monde. Le jeu de superposition et de hasard qui est à l’œuvre dans sa production artistique laisse place à une réception rêveuse et poétique. Anne Morea travaille en extérieur, dans son jardin à l’ombre d’un chêne. Elle s’inscrit pleinement dans son environnement naturel, tout comme ses productions plastiques qui font écho à ce qui l’entoure : « Je suis toujours en accord avec là où je suis. » Anne Morea est aussi inspirée par ses lectures, notamment par les pensées d’Alain Corbin (« La douceur de l’ombre »), de Gaston Bachelard (« La poétique de l’espace »), ou encore de François Cheng (« Vide et plein »).