Cette employée du CPAS avait été licenciée peu après les révélations de La Libre, le président invoquant alors une « rupture du lien de confiance ».
Aujourd’hui, le Foyer anderlechtois décide d’aller plus loin. Lotfi Mostefa confirme, toujours à La Libre, qu’une plainte au pénal a été déposée par le Foyer, auprès du tribunal de première instance de Bruxelles, contre son ancienne collaboratrice. La plainte fait état de faits susceptibles de constituer de la corruption passive, de la tentative de corruption passive et de la prise d’intérêts.
Selon les termes de la plainte, le Foyer anderlechtois expose que cette collaboratrice « aurait sollicité, accepté ou reçu des avantages financiers (versements d’argent) » et que ces « avantages auraient été reçus directement ou par interposition (via le compte de sa sœur) ». En contrepartie, elle « aurait favorisé le traitement de dossiers de candidature et facilité l’obtention de logements sociaux » pour certains candidats.
Le Foyer change son fusil d’épaule
Dans un premier temps, après les dénonciations anonymes, aucune sanction n’avait été prise. « Aucun élément matériel n’était venu étayer les faits allégués », indiquait alors Lotfi Mostefa.
Mais au sommet de l’institution, le ton a radicalement changé.
« En croisant les éléments présentés dans l’article de La Libre avec les faits dénoncés dans le mail, nous avons poussé notre enquête interne auprès des travailleurs sociaux et aussi sur le terrain. D’autres faits, susceptibles de constituer des infractions pénales, sont remontés… », explique le président, qui soupçonne désormais son ancienne secrétaire d’avoir profité de sa fonction pour recevoir, plus largement, des « offrandes et cadeaux ».
L’enquête menée en interne, peut-on lire dans la plainte, aurait en effet permis de confirmer certains des faits dénoncés dans le mail du corbeau.
Les agressions contre les travailleurs des CPAS en hausseHuit témoins à la disposition de la justice
Le dossier pourrait s’appuyer sur un socle de témoignages important : pas moins de huit personnes ayant été en contact avec l’intéressée pourraient témoigner, anonymement ou non, auprès des autorités, a fait savoir le Foyer à la justice.
« Le personnel est meurtri. Nous voulons mettre de l’ordre. On ne peut pas laisser une ‘pomme pourrie’ abîmer le travail effectué dans des quartiers comme le Peterbos ou Cureghem, où restaurer la confiance est essentiel », martèle Lotfi Mostefa.
La collaboratrice a démenti les accusations
Contactée par La Libre, l’ex-collaboratrice du président du Foyer n’a pas souhaité réagir. Interrogée par nos soins fin janvier, l’intéressée réfutait toutefois fermement ces accusations, les qualifiant de « calomnies » destinées à nuire au président à travers elle. Quant aux 7 000 euros versés par une candidate locataire sur le compte de sa sœur, elle assurait qu’il s’agissait du remboursement d’un prêt privé, étranger à toute pratique illicite.
D’autres faits, commis par d’autres personnes, seront-ils encore révélés, comme semblent l’indiquer plusieurs mails du corbeau ? Quand la boîte de Pandore est ouverte, il est souvent impossible de la refermer…
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