
La foule devant le concert de Sting, ce samedi 25 juillet 2026 place Royale à Spa. ©EDA
Dominic Miller, guitariste de Sting, a adopté une guitare confectionnée par un luthier liégeois, David D’Ascenzo. ©D.R.
Il y a quelques mois encore, le Liégeois n’aurait pas pu imaginer cela alors que l’artiste, qu’il avait déjà croisé plusieurs fois, était fort attaché à sa Stratocaster Fender 61, « avec laquelle il est connu depuis plus de 25 ans ». Et qu’il ne cherchait pas un nouvel outil.
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Derrière ce moment suspendu, on retrouve en effet une histoire de belles rencontres et d’une reconversion opérée en 2014. Au décès de son papa, David D’Ascenzo, alors architecte d’intérieur aux manettes de deux gros magasins d’ameublement sur mesure, revient à ses premières amours.
« À 16 ans, j’étais touche-à-tout et déjà guitariste. Je voulais devenir luthier. Je trouvais ça génial de fabriquer des guitares. Une école devait ouvrir à Namur, mais ce ne fut pas le cas par manque d’inscrits. »
David D’Ascenzo, l’ex-vendeur qui fait sonner les placards
Une vingtaine d’années plus tard, c’est donc grâce au soutien de son épouse qu’il débute sur un coin de table, dans leur maison de Bressoux. « C’est au milieu de mes guitares et de mes amis que j’ai fini par comprendre les rouages du métier », éclaire celui qui est par ailleurs musicien et qui honore une centaine de dates par an.

Des guitares « reliques »: il s’agit de vieillir artificiellement l’apparence d’une guitare pour lui donner le look d’un instrument avec lequel on aurait joué pendant des années. ©D.R.
« J’ai créé mes premières guitares avec des morceaux de placards récupérés de mon ancien emploi », nous expliquait-il en 2022. ©Maité Brocha
©D.R.De belles rencontres
Deux ans après son installation, il fait une rencontre décisive avec Giovanni Rizutto, connu pour avoir été le guitariste du chanteur verviétois Pierre Rapsat, et pour évoluer aujourd’hui au sein de The Voice Belgique. « Il a bien aimé mon travail, m’a acheté une guitare et puis il en a parlé pas mal autour de lui. » David D’Ascenzo rencontre ainsi Daniel Roméo, ex-bassiste de Maurane, de Bernard Lavilliers… et directeur musical de la même émission de télévision.
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Ce dernier lui présente alors Nicolas Fiszman, bassiste de Cabrel, Zazie… et de Dominic Miller, au sein de son projet perso, « Dominic Miller Quartet ». « De fil en aiguille, il l’a motivé à essayer mes instruments. »
Entre mai et octobre, il prépare alors deux guitares en vue de la venue de Sting 3.0, le 8 octobre 2025, à Cologne. « C’était un coup de poker, mais je me suis mis au boulot à fond », note celui qui d’ordinaire compte près de deux ans de délais pour une fabrication, avec 25 à 30 guitares réalisées par année.
Reçu comme un prince à Cologne
Deux semaines avant la date, un premier échange de photos fait mouche et Dominic Miller invite le Liégeois pour un essai lors du soundcheck. « J’ai été reçu comme un prince par le technicien qui m’a dit après 10 minutes : c’est une superbe guitare. Puis, on est montés sur scène pour la tester avec la configuration de ce Cologne Arena et ses 17 000 place ! »

La photo depuis la scène de Cologne en octobre passé. ©D.R.
Le musicien de Sting tombe alors sous le charme et décide de l’emporter avec lui pour « l’apprivoiser », désireux qu’elle devienne son compagnon sur les tournées européennes.
David D’Ascenzo vit quant à lui une soirée inoubliable dans les loges pour débriefer le concert, discuter basse avec Sting, manger avec toute l’équipe, etc. « C’était vraiment un truc de fou. J’étais sur un nuage. Je quitte l’Arena à une heure du matin et dans la demi-heure je reçois un message : merci Maestro d’être venu, merci pour la guitare. »

Un brin culotté, David D’Ascenzo en a profité pour interroger Sting sur sa basse. ©D.R.
Et pour demander une photo souvenir : « Je lui ai dit sans selfie de vous et moi, ma femme ne me laisse pas rentrer dormir. Il a rigolé et m’a dit viens. » ©D.R. »On est en contact depuis octobre »
Ce « rêve éveillé » se prolonge ainsi jusqu’à ce week-end et la place Royale à Spa. « On est en contact depuis octobre. Sting est un peu intouchable, mais le batteur et Dominic sont des gens simples. Il m’envoie des images. Il la trouve de plus en plus à son goût. » La Denzo Skytree « blue over sunburst », une double peinture à l’effet vieilli, un style appelé « relique », est ainsi désormais dans son rack comme back-up.

Dominic Miller, guitariste de Sting, a adopté une guitare confectionnée par un luthier liégeois, David d’Ascenzo. ©D.R.
©D.R.
Le luthier qui fabrique tout de A à Z, du bois, à la gravure, au placage de métaux, à la peinture en passant par l’électronique insiste : « Mais il joue aussi avec par plaisir. Il m’a encore envoyé un message lundi, content de l’avoir utilisée durant tout le set le jour même. Elle va revenir dans mon atelier pour avoir une évolution de ses micros afin qu’elle puisse devenir sa guitare principale ».