« Ces évolutions jettent un froid sur l’idée d’une désescalade rapide » dans le Golfe, estiment les analystes d’ING Warren Patterson et Ewa Manthey.

Le marché semblait pourtant optimiste mardi sur la possibilité d’un accord diplomatique après des propos de Donald Trump estimant que les discussions avec Téhéran avaient « de bonnes chances » d’aboutir.

Mais « avec les infrastructures pétrolières saoudiennes de plus en plus prises pour cible, le risque de perturbations de l’approvisionnement prolongées augmente », affirment-ils.

Ormuz ou le chantage à ciel ouvert

Les récentes attaques des rebelles houthis du Yémen contre l’Arabie saoudite, pro-iraniens, auraient contraint Saudi Aramco, la compagnie pétrolière nationale du royaume, « à fermer sa raffinerie de Jizan d’une capacité de 400.000 barils par jour », rapporte Tamas Varga, analyste chez PVM.

« Si cela est confirmé, cela ne fera qu’accentuer les inquiétudes liées aux tensions sur le marché des produits raffinés », qui connaît aussi des perturbations en Russie en raison des attaques ukrainiennes, ajoutent les analystes d’ING.

La navigation dans le très stratégique détroit d’Ormuz reste aussi verrouillée par l’Iran qui cherche à en conserver le contrôle et faire payer un droit de passage aux navires.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l’Iran, ont annoncé mercredi avoir frappé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit, selon l’agence de presse iranienne Tasnim.

« La baisse des stocks et l’inquiétude palpable face à des perturbations prolongées de l’approvisionnement (…) soutiennent clairement les produits raffinés » dont les prix ont tendance à monter plus encore que ceux du brut, précise M. Varga.

Un nouveau port pour contourner le détroit d’Ormuz? Des discussions sont en cours