George Russell a été victime d’un problème logiciel sur son moteur Mercedes qui a provoqué une perte de contrôle du régime moteur alors qu’il se trouvait sur la grille de départ du Grand Prix de Hongrie, entraînant son départ laborieux.

Samedi, une fuite d’eau causée par une passage sur un vibreur a détruit son moteur, obligeant Mercedes à procéder à un changement avant la course. Mais sur la grille, une anomalie au moment du départ a déclenché le système anticalage, lui faisant perdre plusieurs places et aggravant encore sa série noire avant la trêve estivale. 

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Ce week-end de Grand Prix de Hongrie a été tout sauf facile pour Russell, qui a admis après la course qu’il avait bien besoin d’une pause pour se ressourcer après une première moitié de saison marquée par davantage de regrets que de satisfactions.

Budapest a parfaitement illustré ces frustrations. Le problème ne tenait pas vraiment au rythme pur, car Russell reconnaissait lui-même que, même sans les problèmes moteur, une place parmi le top 3 en qualifications était irréaliste. Il s’agissait davantage d’une succession de coups du sort qui se sont accumulés et ont transformé un week-end déjà difficile en une expérience encore plus pénible.

Ce qui a mal tourné au départ pour Russell

Le problème survenu au départ, qui a déclenché le système anticalage, en est un exemple flagrant. Mais que s’est-il réellement passé ? Par radio, l’équipe a d’abord émis l’hypothèse d’une erreur du pilote, soulignant que Russell semblait avoir relâché l’accélérateur pendant la procédure de départ, alors que le moteur était à haut régime afin de générer une suralimentation nécessaire.

Cependant, même si Russell a effectivement levé légèrement le pied, passant d’environ 30% à moins de 10% d’accélération alors que les feux étaient encore allumés, ce n’était pas la cause première, mais plutôt la conséquence d’un autre problème. Comme l’a expliqué Toto Wolff après la course, il y a eu un souci technique indépendant de la volonté du pilote.

La grille de départ du GP de Hongrie.

La grille de départ du GP de Hongrie.

Photo de: Bryn Lennon / Formula 1 via Getty Images

« On dirait qu’il a accéléré à environ 10% [de l’accélération maximale] et que le moteur est monté à plein régime ; dès qu’il a relâché l’accélérateur, le moteur a calé. Je ne suis vraiment pas satisfait du nombre trop élevé d’erreurs qui se sont produites. C’est la raison de cette situation, mais sinon, il a très bien piloté », a expliqué Wolff, qui a ensuite ajouté auprès de Sky Sports que la situation concernant la fiabilité et les problèmes techniques sur cette première partie de saison était tout simplement inacceptable.

Cette analyse corrobore les propos tenus par Russell après la course. Le Britannique a expliqué qu’à un certain moment, il avait remarqué que le régime moteur dépassait largement le seuil fixé pour un départ dans de bonnes conditions, raison pour laquelle il avait tenté de le ramener à un niveau normal en modulant l’accélération. Son ajustement de la pédale était ainsi la conséquence du dysfonctionnement, et non la cause.

« J’appuyais sur l’accélérateur pour maintenir le régime, puis tout à coup, environ quatre secondes avant que les feux ne s’éteignent, le moteur s’est mis à monter et descendre en régime de manière incontrôlée. J’ai essayé d’agir sur l’accélérateur, mais ça ne changeait rien. Le moteur ne réagissait donc pas à l’accélérateur », a expliqué Russell.

En effet, les pilotes doivent maintenir leur accélérateur dans une position précise pour générer la suralimentation requise du turbo. C’est un élément qu’ils peuvent surveiller directement depuis le volant, puisque la procédure de départ comprend un indicateur affichant si le régime moteur est trop élevé ou trop bas, ce qui leur permet de s’ajuster en conséquence. En visionnant les images embarquées de la Mercedes, il apparaît clairement que la progression du régime moteur était loin d’être linéaire pendant que les cinq feux rouges s’allumaient, un détail pleinement confirmé par la télémétrie.

La comparaison avec son équipier Kimi Antonelli (courbes rouges ci-dessus) met clairement en évidence le problème. Au début de la séquence, pendant la période de préparation supplémentaire de cinq secondes instaurée cette année, les deux pilotes ont atteint environ 30% d’accélération, conformément à la procédure standard. Cependant, alors que la commande d’accélérateur et le régime moteur de l’Italien sont restés parfaitement stables à environ 12 300 tr/min, la situation était nettement différente pour Russell.

Sur la voiture de Russell (courbes turquoises ci-dessus), le régime moteur a commencé à dépasser les 12 700 tr/min, atteignant brièvement un pic à 12 800 tr/min, ce qui constitue une valeur exceptionnellement élevée. C’est précisément pour cette raison que Russell, comme il l’a expliqué ensuite, a tenté de moduler son accélération en retirant presque entièrement son pied de la pédale. Cependant, même cela n’a pas suffi à stabiliser la situation.

En effet, les données télémétriques montrent que, l’espace d’un bref instant (marqué par le cercle « DROP » ci-dessus), le régime moteur est tombé bien en dessous de 12 000 tr/min, avant de remonter brusquement à environ 12 600 tr/min, alors même que Russell n’actionnait les gaz qu’à moins de 10%.

C’est là que réside la deuxième partie du problème : lorsque Russell s’est élancé, il maintenait l’accélérateur à seulement 9% (cercle « RACE START ») et ne pouvait pas l’enfoncer davantage, alors qu’Antonelli était à 30% pour générer l’envol habituel au départ.

Lorsque Russell a tenté de quitter son emplacement sur la grille, le régime moteur a soudainement chuté de manière significative, probablement aussi parce qu’il démarrait avec moins de 10% d’accélération. Alors que le régime moteur d’Antonelli avoisinait les 5 800 tr/min au moment du lâcher d’embrayage, celui de Russell est tombé à 4 500 tr/min. Faute de puissance suffisante, la voiture a déclenché le système anticalage.

Ce problème, qui a compromis toute la course de Russell, avait en réalité déjà été rencontré par Mercedes lors des essais de pré-saison à Bahreïn. « Il s’agissait clairement d’un moteur flambant neuf. Je pense que c’est un phénomène que nous avions déjà observé à un moment donné pendant la pré-saison », a admis Russell.

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