« Sea, Pop & Sun » : sous le soleil brûlant de l’île de Porquerolles, entre les pins parasols et la mère turquoise, le thème sonne comme une évidence. Bercé par le souvenir de son passage dans la mythique Factory de Warhol à New York, le collectionneur Édouard Carmignac rêvait depuis des années de cette exposition dédiée au pop art au cœur de sa fondation.

Oui mais, presque 50 ans après le refrain langoureux de Gainsbourg – « Sea, Sex and Sun » –, que reste-t-il du fantasme hédoniste des sixties ? Les deux curateurs stars, Anna Karina Hofbauer et Dieter Buchhart (on leur doit aussi « Calder. Rêver en équilibre », actuellement à la Fondation Louis Vuitton), ont su déjouer avec malice le piège d’une rétrospective nostalgique.

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Les femmes du pop art

Certes, on déambule en toute légèreté, pieds nus et vieux tubes pop dans les oreilles (California Dreamin des The Mamas & The Papas, Respect d’Aretha Franklin, Good Vibrations des Beach Boys…) au milieu de surfers bronzés, de couchers de soleil incandescents et de plagistes insouciants. Autant de motifs déclinés avec ironie par les pontes du mouvement que sont Roy Lichtenstein, Tom Wesselmann, David Hockney, Andy Warhol ou Martial Raysse.

Mais surtout, on découvre médusés de nombreuses œuvres passionnantes d’Evelyne Axell, Marjorie Strider, Kiki Kogelnik, Niki de Saint Phalle, Yayoi Kusama, Martha Rosler… Soit des femmes longtemps reléguées dans les marges du pop art officiel.

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Derrière le mythe

C’est tout le sel de cet accrochage : solaire mais ne craignant pas de pointer les zones d’ombre du mythe. En faisant un pas de côté, notamment en étendant la chronologie à l’art plus contemporain de Kasper Sonne, Martin Parr, Tschabalala Self, Sylvie Fleury ou Sherrie Levine, le « California Dreamin’ » révèle aussi ses mirages. En 2026, difficile de continuer à chanter en toute insouciance les joies du tourisme, de la consommation de masse ou de la révolution sexuelle…

Avec la monumentale sculpture de sable de Théo Mercier installée au cœur de l’exposition, sous les reflets de la fausse piscine qui sert de verrière, le décor de carte postale prend un ultime coup de pelle : coquillages et crustacés ont, à y regarder de plus près, muté en pneus abandonnés et ruines de béton armé. Du pop au punk, il n’y a qu’un pas.

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Du 25 avril 2026 au 1 novembre 2026

www.fondationcarmignac.com