Dispute entre livreurs

Les faits remontent à la nuit du 22 au 23 novembre 2025. Ce qui n’était au départ qu’une dispute entre deux livreurs dans un fast-food de la région du Centre a dégénéré en véritable fusillade. Après une altercation sur leur lieu de travail, les deux hommes se sont donné rendez-vous pour s’expliquer. Redoutant un piège, l’un des livreurs est allé chercher son frère avant de rejoindre le premier point de rendez-vous, tous deux armés.

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Le différend s’est finalement déplacé sur la place Van Zeeland. Peu avant minuit, le second livreur est arrivé accompagné de deux amis. À peine leur véhicule immobilisé, plusieurs coups de feu ont été tirés en leur direction.

Huit impacts de balle

Les images de vidéosurveillance et l’expertise balistique ont lourdement pesé dans le dossier. Huit impacts ont été relevés sur la voiture des victimes. Les projectiles, tirés avec un fusil de calibre.22, ont atteint le véhicule à hauteur d’homme. Selon l’expert, chacun des tirs présentait un potentiel létal et certaines balles sont passées à quelques centimètres seulement de la tête des occupants. Plusieurs projectiles ont également touché d’autres véhicules stationnés sur cette place particulièrement fréquentée.

Le parquet estimait que les deux frères avaient eu largement le temps de renoncer avant de passer à l’acte, près de deux heures s’étant écoulées entre la dispute initiale et la fusillade. Il s’appuyait notamment sur la nature de l’arme utilisée, le nombre de coups de feu et les conclusions de l’expertise balistique pour soutenir l’intention homicide.

Me Discepoli et Me Radelet, pour les parties civiles, avaient soutenu la thèse de la tentative d’assassinat, mais la préméditation était contestée par la défense, assurée notamment par Me Mairiaux.

Des regrets

À l’audience, les deux prévenus ont exprimé leurs regrets. Arrivés en Belgique à l’âge de 16 ans après avoir fui un pays en guerre, ils ne présentaient pratiquement aucun antécédent judiciaire, hormis une infraction de roulage pour l’un d’entre eux.

Malgré l’abandon de la qualification de tentative d’assassinat, le tribunal a retenu la tentative de meurtre et prononcé une peine de cinq ans de prison assortie d’un large sursis probatoire. Ils étaient encore détenus sous surveillance électronique.