En partant de cette question, la réalisatrice de The Lost Daughter a composé une lettre d’amour à Marilyn sous la forme d’un court métrage de dix-sept minutes, qui explore les différentes voies que sa vie aurait pu emprunter. Flesh Impact suit deux versions de Marilyn Monroe, interprétées par Ellen Burstyn et Dakota Johnson. « Le film est vraiment un mélange entre la vraie Marilyn et la représentation fantasmée que je me fais d’elle, explique Maggie. À bien des égards, il parle de Marilyn, mais aussi des actrices en général et de ce que signifie exercer ce drôle de métier, qui vous rend très vulnérable tout en vous donnant, dans le même temps, beaucoup de pouvoir. »

À bien des égards, la sœur de Jake Gyllenhaal était la cinéaste idéale pour raconter cette histoire. Actrice elle-même, elle pouvait comprendre de l’intérieur le parcours de Marilyn à Hollywood. Elle avait également déjà confié le même personnage à deux comédiennes dans son premier long métrage comme réalisatrice, The Lost Daughter : Olivia Colman et Jessie Buckley. Elle a par ailleurs signé deux films (The Lost Daughter, donc, et plus récemment The Bride!) centrés sur des personnages féminins riches et complexes. « Quand on regarde la manière dont elle traite les femmes dans ses films, elle ne les cantonne pas à une forme de passivité. Bien au contraire », souligne Amy Marentic, directrice du marketing chez Genesis Motor America. C’est elle qui a proposé à Gyllenhaal de réaliser ce court métrage. La marque automobile de luxe souhaitait concevoir un projet rendant hommage pour ce qui aurait été le centenaire de Marilyn Monroe, en juin dernier.

« Jai toujours eu Dakota en tête confie Maggie Gyllenhaal. Quand jcris il arrive quun acteur me revienne sans cesse à...

« J’ai toujours eu Dakota en tête, confie Maggie Gyllenhaal. Quand j’écris, il arrive qu’un acteur me revienne sans cesse à l’esprit, au point que je doive presque l’en chasser volontairement pour ne pas limiter ce que je suis en train de faire. »

Courtesy of Genesis

Une fois le concept arrêté, Maggie Gyllenhaal a écrit le scénario rapidement, en l’espace d’un week-end. Elle a ensuite proposé à Ellen Burstyn d’incarner Monroe. « Elle a 93 ans. Je ne savais pas si elle serait en mesure de le faire. D’une certaine manière, c’est essentiellement d’un monologue de quinze pages », explique la réalisatrice. Mais Elle Burstyn, qui a connu Monroe et fréquenté les mêmes cercles qu’elle, a accepté. « Je crois que ce rôle est arrivé dans la vie d’Ellen à un moment particulier, où les sujets qu’il lui proposait d’aborder, de penser et d’imaginer correspondaient précisément à ce dont elle avait envie de parler, à ce à quoi elle souhaitait réfléchir et rêver. »

Pour incarner la version plus jeune de Marilyn, Maggie a tout de suite pensé à Dakota Johnson, qu’elle avait déjà dirigée dans The Lost Daughter. Même si au tout début, la réalisatrice craignait que Dakota ne ressemble pas suffisamment à l’icône hollywoodienne : « Puis je me suis dit : c’est ridicule. Qui s’en soucie ? Je ne suis même pas certaine que quiconque sache vraiment à quoi ressemblait Marilyn, tant son image a été déformée pour en faire un produit commercial et un mythe. Dans mon propre esprit, ses contours restent très flous. »