
Publié le 30 juillet à 10h00
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En novembre 2016, Joey Leclerc, détenu à Nivelles, ne rentre pas de congé pénitentiaire. Son évasion, sur fond de radicalisation et de lien avec l’État islamique, déclenche une vaste traque policière. Florent Vanden Bergh et Alexandre D’Haeseleer ont rencontré Bruno Hallaert, ancien membre de la police judiciaire fédérale. Il raconte la traque de Joey Leclerc.
En 2016, Joey Leclerc purge sa peine à la prison de Nivelles depuis quatre ans. Condamné pour vol avec violence, il est décrit comme un garçon discret, du moins, jusqu’à un jeudi du mois de novembre : alors qu’il est censé rentrer de son congé pénitentiaire, le détenu est introuvable.
Au même moment, Bruno Hallaert reçoit un coup de fil pour le moins préoccupant. « On reçoit une information policière qui signale qu’un détenu non rentré de congé pénitentiaire serait à la recherche d’une arme, aurait l’intention de quitter le pays et aurait dit laconiquement qu’on allait entendre parler de lui », raconte Bruno Hallaert, consultant RTL info et ancien membre de la police judiciaire fédérale.
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Le soir même, les enquêteurs de la police fédérale perquisitionnent la cellule de Joey Leclerc, et cette simple vérification va faire monter la tension d’un cran. « On va retrouver notamment un drapeau de l’état islamique. On va également avoir les confidences d’un gardien qui nous signale que l’intéressé a changé de physionomie récemment. Il a laissé pousser sa barbe, il se promène en djellaba, laissant à penser à une radicalisation récente. Tout va se mettre en route à ce moment-là », raconte Bruno Hallaert.
« Une véritable chasse à l’homme est ouverte »
Le détenu s’est-il radicalisé derrière les barreaux ? S’apprête-t-il à commettre un acte terroriste pendant sa cavale ? C’est en tout cas une piste sérieusement envisagée par l’inspecteur… « L’enquête va être menée tambour battant. Tous les points de chute de l’intéressé vont être vérifiés et seront négatifs. Son GSM sera coupé. Lors de l’enquête, on va découvrir une carte SD où on voit une vidéo et lui en train de se mettre en scène dans une allégeance à l’état islamique. Une véritable chasse à l’homme est ouverte », explique l’inspecteur
Très vite les regards se tournent vers une certaine Nathalie. La jeune femme est tombée amoureuse de Joey lors de ces innombrables visites au parloir. « On fait des vérifications par rapport à cette jeune fille qui habite dans le Namurois. Et là, on rencontre sa maman qui est très inquiète parce qu’elle nous signale que sa fille a quitté la maison sans prévenir, a emporté ses documents d’identité, un peu d’argent et quelques affaires. On fait directement le lien avec notre détenue en fuite », ajoute Bruno Hallaert.
Pendant plusieurs heures, l’enquête piétine. Les deux amoureux semblent s’être volatilisés dans la nature, jusqu’à cette erreur commise par Nathalie : au beau milieu de la nuit, elle passe un coup de fil à l’un de ses amies pour espérer être hébergée. Son téléphone est alors localisé dans un village de la région liégeoise.
« On arrive sur place en pleine nuit »
L’inspecteur se souvient : « On démarre immédiatement et on arrive sur place en pleine nuit. Préalablement à ça, on s’est fait fournir un mandat de perquisition par le juge d’instruction. On a également requis les unités spéciales de par la personnalité du suspect qui est probablement armé. »
En principe, les perquisitions ne peuvent être menées qu’entre 5 heures du matin et 21 heures, mais depuis les attentats de 2015, l’assaut peut être donné en pleine nuit quand il s’agit de terrorisme.
Le détenu s’est directement mis à genoux, les mains sur la têteBruno Hallaert, Ancien membre de la police judiciaire fédérale
« En pleine nuit, les unités spéciales vont commencer la perquisition et vont retrouver le détenu dans le salon. Le bruit de l’effraction a fait que le détenu s’est directement mis à genoux, les mains sur la tête, raconte Bruno Hallaert. L’ensemble des personnes occupant l’habitation vont également être identifiées. D’ailleurs, la dame sera un peu choquée par l’intervention policière. »
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À l’issue de son audition, Nathalie est relaxée. Quant à Joey Leclerc, il se voit délivrer un nouveau mandat d’arrêt. Il sera raccompagné dans sa cellule et surveillé de très près pour radicalisation.

