Chansons caressantes, frissons fragiles : les beaux débuts d’un héritier pop, fils de Ben Watt et Tracey Thorn.
Si, dans le domaine artistique, la généalogie n’est pas toujours une science exacte, certaines histoires de famille relèvent de l’évidence. Ainsi, lorsque Blake Watt, fils du couple Ben Watt/Tracey Thorn, alias Everything but the Girl, se lance dans l’artisanat pop, on se plaît à attendre quelques tendres frissons.
Espoirs en partie exaucés sur The Thread, premier album publié par le rejeton sous l’alias Family Stereo, déjà responsable d’une dizaine d’EP depuis 2022. Avec le superbe Remedy en ouverture, pure délicatesse sur sa mélodie mélancolique – qui n’a besoin que d’un piano minimal et d’un habillage spectral pour nous convaincre de ses plus douces intentions –, l’album montre immédiatement patte blanche.
Un espoir est né
Si la suite finit par ronronner parfois dans son assez anesthésiante joliesse (Collapsing, Three Moon Trail…), Blake Watt connaît suffisamment ses gammes twee, folk et art pop (Lilac Time, Beautiful South, Belle and Sebastian, voire les débuts graciles du couple parental) pour nous reconquérir – notamment sur un Fault Lines très Tim Smith (Midlake, Harp), ou avec la luxuriance d’un DLR tout en vagues indolentes, et cette Silhouette on the Hill infusée de regrets.
La production de Sam Hodder-Williams (également aux synthés) apprivoise placidement l’humble théâtralité de l’interprétation, qui se déploie enfin sur Tunnels : Family Stereo a en effet la bonne idée de terminer sur ce titre exaltant qui nous donne franchement envie de voir Blake grandir, et s’épanouir encore.
The Thread (Bella Union/Believe). Sortie le 31 juillet.