
Par Donatella Ruolo
Publié le 30 juillet à 19h57
Ajoutez-nous à vos favoris Google
La Défense belge a envoyé deux nouveaux camions-pompiers Panther en Gironde pour participer à la lutte contre les incendies. Si le feu est désormais stabilisé, les secours restent pleinement mobilisés pour éviter toute reprise des flammes. Pour ce faire, ils sont notamment équipés de brûleurs. Explications avec Loïc Parmentier.
Sur une petite route de Marcheprime, en Gironde, un camion-pompier belge en action. Il s’agit d’un Panther, l’un des deux véhicules récemment déployés par la Défense belge pour prêter main-forte aux secours français. Partis ce mercredi, ces engins sont déjà opérationnels dès le lendemain. Il s’agit de leur toute première mission sur le terrain.
Les militaires belges viennent renforcer les quelque 6.000 pompiers, militaires, policiers, gendarmes et autres intervenants mobilisés face au plus important incendie qu’ait connu la France depuis 1949. Si les flammes ont perdu en intensité, le travail est loin d’être terminé. Les équipes poursuivent notamment l’arrosage des zones sensibles afin d’éviter toute reprise de l’incendie.
Les feux tactiques
Autre méthode utilisée sur le terrain : combattre le feu… par le feu. À une vingtaine de kilomètres au nord, certains pompiers ont remplacé leurs lances à eau par des brûleurs afin de déclencher des « feux tactiques ».
À lire aussi
« On regarde comment réagit la végétation, au début on allume tout doucement. Rapidement, quand on va entrer dans la strate arbustive un peu plus épaisse, fougères, bruyères, le feu va certainement partir dans les cimes des pins. Et en fonction, nous, on va ajuster la vitesse de propagation de ce brûlage pour éviter qu’il ne saute notre zone d’appui », explique Jérôme Jallet, référent zonal des feux tactiques.
L’objectif est de brûler de manière contrôlée la végétation susceptible d’alimenter l’incendie principal. Lorsque les deux foyers se rejoignent, il ne reste plus suffisamment de combustible et les flammes s’éteignent. « Comme il n’y a pas de vent, on crée du vent pour que notre feu se dirige bien dans cet axe-là, c’est-à-dire qu’il va à la rencontre du feu », précise encore Jérôme Jallet.
Une opération délicate
Cette technique, particulièrement complexe à mettre en œuvre, est utilisée en complément des moyens aériens et des équipes déployées au sol. Après huit jours de lutte, les pompiers considèrent désormais que le feu est stabilisé. Dans leur vocabulaire, cela signifie que l’incendie n’est pas encore sous contrôle, mais que son intensité a diminué et que sa progression a été fortement ralentie.
