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31 juil. 2026 à 6h32
Il y a des rencontres qui durent quelques minutes, et d’autres qui façonnent toute une existence. À seulement 16 ans, Geneviève Canto, bandolaise aujourd’hui âgée de 72 ans, a eu l’immense privilège d’observer Salvador Dalí travailler 1968. Plus d’un demi-siècle plus tard, l’artiste peintre bandolaise continue de consacrer cinq à six heures par jour à son chevalet.
Jusqu’au 5 août, elle présente 22 œuvres à la Maison Henri-Flotte de Sanary-sur-Mer. Une exposition qui retrace un parcours entièrement guidé par la peinture.
« C’est la chance de ma vie »
« Ma passion pour l’art a commencé très jeune », raconte-t-elle avec le sourire. À 9 ans, plus précisément. Quelques années plus tard, son professeur d’arts plastiques lui offre une opportunité exceptionnelle : rencontrer Salvador Dalí grâce aux liens qu’il entretient avec le peintre espagnol et son épouse Gala.
L’adolescente ne réalise pas encore qu’elle s’apprête à vivre un moment fondateur : « Nous étions deux jeunes filles, assises sous une fenêtre, face à un immense chevalet. Nous n’avions pratiquement pas le droit de parler ni de poser des questions. Il peignait dans un silence fascinant. »
Parce qu’elle comprend l’espagnol, Geneviève saisit quelques échanges. Mais ce sont surtout les gestes du maître qui la marquent. « Je n’ai pas compris sur le moment ce que je vivais. Je l’ai compris beaucoup plus tard. C’était la chance de ma vie. »
Aujourd’hui encore, lorsqu’elle peint dans son atelier, elle repense parfois à ce silence saisissant.
« Je suis devenue exactement comme lui. Je passe des heures au chevalet sans parler. Maintenant, je comprends pourquoi. »
Geneviève Canto, artiste peintre.
L’influence de Dalí… sans jamais chercher à l’imiter
Cette rencontre nourrit durablement son regard sur la peinture. Pour autant, Geneviève refuse très tôt de marcher dans les traces du maître du surréalisme. « Il m’a énormément inspirée sur les techniques. Mais j’ai toujours voulu éviter de faire du Dalí. Je voulais trouver mon propre langage. » Ce langage, elle le construit autour d’un univers très personnel : le trompe-l’œil narratif.
Ses toiles donnent l’illusion de matières plus vraies que nature. Bois ancien, pierre, métal, marbre… chaque détail est reproduit avec une précision hors norme. Mais derrière cette virtuosité technique se cachent toujours de petits personnages.
« Ils racontent une histoire. Ils parlent de la jalousie, du désir, de l’envie, de toutes les émotions humaines. C’est pour cela que j’appelle mon travail du trompe-l’œil narratif. » Aujourd’hui, son travail évolue encore, en intégrant peu à peu les codes du street art, sans jamais abandonner cette minutie qui fait sa signature.
Une vie entière consacrée à transmettre
La peinture ne s’est jamais arrêtée aux portes de son atelier. Professeure d’arts plastiques pendant de nombreuses années, notamment à l’université d’Aix-en-Provence, Geneviève fonde ensuite, à Bandol, l’association Le Réveil du pinceau, où elle enseigne encore aujourd’hui le dessin, la peinture à l’huile et la créativité. « J’aime accompagner les personnes pour qu’elles trouvent leur propre style. »
L’art est également devenu une histoire de famille. Sa fille dessine, son petit-fils aussi : « Je l’ai installé devant un chevalet à 18 mois. Aujourd’hui, il a 23 ans et il peint au couteau à mes côtés. »
« J’ai un peu vécu son histoire. Son parcours m’a énormément touchée. »
Geneviève Canto, au sujet de Frida Kahlo.
Quand la peinture aide aussi à se reconstruire
Au fil de son existence, la peinture a parfois été bien plus qu’une passion. Après un grave accident, Geneviève reste plusieurs mois immobilisée, une période difficile durant laquelle elle trouve refuge dans la création. Cette histoire explique sa profonde admiration pour Frida Kahlo.
Cinq à six heures de peinture chaque jour
À 72 ans, Geneviève Canto ne ralentit pas. Son atelier occupe toujours une place centrale dans sa maison. Chaque jour, elle s’installe devant ses toiles pendant cinq à six heures, et lorsque l’on lui demande si elle imagine un jour poser définitivement ses pinceaux, sa réponse ne laisse guère de place au doute : « Toute ma vie est dédiée à l’art. »
Une passion née dans les yeux émerveillés d’une adolescente face à Salvador Dalí… et qui, plus de cinquante ans plus tard, continue encore de guider chacun de ses coups de pinceau.
Informations sur ses cours de peinture : https://www.cours-de-peinture-bandol.com/
Exposition jusqu’au 5 août à Sanary-sur-Mer, à la Maison Henri-Flotte, accès libre.
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