Pierre Fagniez

Par Pierre Fagniez

Publié le 31 juillet à 06h29

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La sécheresse prive les rivières wallonnes d’eau, réduisant drastiquement les parcours de kayak proposés par les exploitants. Les précisions de Romain Mayez et Michael Harvie.


Conséquence de la sécheresse, il n’y a que quelques centimètres d’eau seulement dans la Lesse. Insuffisant pour la descendre en kayak. Le parcours classique de 21 kilomètres est donc réduit à quatre kilomètres seulement. Une déception pour cette famille venue des Pays-Bas.


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« On savait qu’il y avait de la sécheresse, mais pas au point de ne pas pouvoir faire du kayak sur le long parcours », confie Dave, touriste néerlandais. Venu tout de même avec ses enfants, il explique : « J’ai deux enfants et ils veulent aller sur l’eau. Alors on fait avec ce qu’on a. »




Des exploitants durement touchés financièrement

L’exploitant Dinant Évasion s’est diversifié ces dernières années avec d’autres loisirs comme l’accrobranche ou les croisières en bateau. Mais cet épisode de sécheresse à rallonge impacte tout de même fortement son chiffre d’affaires.

« Actuellement, le kayak représente la moitié de l’entreprise et dans cette moitié, on a perdu quand même 80 % », détaille Olivier Pitance, exploitant de Dinant Évasion. « Si on avait que le kayak, ce serait une vraie catastrophe économique. »

Avec cette activité réduite, 20 % des employés sont au chômage économique. « Malheureusement, il y a les étudiants qui, eux, n’ont pas le droit au chômage économique et pour qui c’est une perte sèche, poursuit Olivier Pitance. Mais on espère pouvoir redémarrer dès qu’il pleuvra. »




Parcours déplacés et tarifs revus à la baisse

Situation similaire pour le parc Durbuy Aventure : avec la sécheresse et le manque d’eau, les activités nautiques sont déplacées deux kilomètres plus loin, là où le niveau est suffisant, avec un parcours réduit de moitié. Les tarifs sont eux aussi adaptés.

« Bien sûr qu’on change le prix, parce que le prix, ce n’est pas du tout la même chose, explique Kobe Hameltyck. Ici, on est quand même sur quatre kilomètres alors que normalement on est sur huit. On est plus ou moins à moitié prix, je pense que c’est 15 euros par personne. »


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Nous prenons ensuite la direction des Cascades de Coo, en province liégeoise. Le niveau de l’Amblève est au plus bas, un coup dur pour les exploitants des lieux.

« Tous les kayaks sont là. Malheureusement, ils n’ont pas du tout bougé de tout l’été à cause de la sécheresse, constate Michael Mertens. Il n’y a pas d’eau dans la rivière. C’est tout simple, sans eau, pas de kayak. »

Vers une diversification devenue nécessaire

Même avec quelques précipitations, le niveau de l’eau est si bas que les kayaks ne devraient plus bouger de l’été. « On pourrait encore partir dans l’eau ici avec un kayak, mais 50 mètres plus loin, les gens vont sortir et marcher. Automatiquement, ça n’avance plus », précise Michael Mertens. Interrogé sur la suite de la saison, il n’y croit plus : il n’y aura probablement plus de kayak cet été.


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D’où cette question : comment envisager le futur de l’activité si les sécheresses sont de plus en plus fréquentes ? « Quand j’ai commencé à travailler ici en été, il y avait quand même pas mal d’activités, donc il y avait de l’eau. Mais ça évolue toujours. De moins en moins de kayak, de moins en moins d’eau chaque été, observe Michael Mertens. Donc on essaie aussi de pousser les gens vers les autres activités qui sont aussi intéressantes chez nous. »

Pour tous ces exploitants de loisirs nautiques, la diversification de leur activité semble désormais être une nécessité, avec ces sécheresses à répétition.



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