Comme tous les artistes exposant aux Rendez-vous de l’Hêtre, à Préfailles, Claire Hur de Sacy et Trax en peinture, et Jeanne Guilloux et Raphaël de Villers en sculpture, devaient proposer trois œuvres jamais exposées. Aucun thème n’était imposé mais tous quatre ont choisi des œuvres qui s’appuient sur le réel.

Pourtant, rien de plus différent que la représentation qu’ils en font chacun. Jeanne Guilloux ramène à la surface l’image éblouie des poissons croisés pendant ses plongées et en fait des sculptures en céramique « absolument fidèles ». Trax peint des grues monumentales et les hommes qui gravitent autour d’elles, minuscules et pourtant décisifs. Claire Hur de Sacy saisit des personnages dynamiques et des couleurs de bord de mer, et Raphaël de Villers appose, sur des pierres soigneusement choisies, des personnages en verre soufflé qu’on peut trouver grotesques ou touchants.

Richesse des matériaux et passion de chacun

Claire Hur de Sacy a choisi la peinture au couteau « qui permet de saisir l’essentiel, par une gestuelle franche ». Elle revient sur chaque œuvre, « regardée au miroir ou à l’envers », et elle retouche beaucoup avant de trouver l’équilibre et la structure recherchés. Trax lui aussi a choisi un matériau qui permet les retouches, l’acrylique, dont il aime « le peps ». Les trois grues qu’il expose, au « cadrage difficile, surprennent les spectateurs par leur vérisme », qui respecte une foule de détails techniques de ces machines, et pourtant il leur confère « du lyrisme, du merveilleux ».

Les deux autres artistes ont choisi d’être, dans une certaine mesure, moins maîtres de leurs œuvres. Jeanne Guilloux crée des sculptures en raku, dont la technique complexe rend le résultat en partie aléatoire, « le bonheur dans le hasard », dit-elle. Son « saint- pierre argenté », par exemple, « est sorti du four en bleu outremer », mais elle aime cet émail rare qui requiert une grande technicité.

Raphaël de Villers, enfin, se place comme en retrait de ses sculptures. En effet, ses pierres – support sont quasi brutes et, s’il a lui-même « dessiné ses personnages de verre », il en a délégué la réalisation à des souffleurs de verre « car la prouesse de souffler une pièce de cinq kilos exige l’expérience d’un professionnel ». Et pourtant, la poésie du résultat est vraiment « son » œuvre.

Jusqu’au 3 août, exposition à la salle du conseil municipal et salle René-Deffain, Grande-Rue de Préfailles.