Plusieurs athlètes ont donc fini par partager, sur leurs réseaux sociaux, des vidéos où ils dégustent les plats proposés au village olympique. Ben Richardson, membre de l’équipe américaine de curling, a, par exemple, noté les différents plats comme les pizzas, les pâtes ou encore le tiramisu, ce qui a suscité des millions de vues sur son compte Instagram. Mais parmi ces différents plats, l’un d’entre eux est devenu fortement populaire sur TikTok : les pizzoccheri.

Les JO d’hiver de Milan-Cortina se clôturent avec un spectacle majestueux : découvrez les plus belles images de la cérémonieLa tendance des « pizzoccheri »

Ce plat est typique des Alpes italiennes. Ce sont des pâtes traditionnelles à base de farine de sarrasin, découpées à la main, et cuisinées avec des fromages locaux comme le Casera, des pommes de terre, du chou vert de Savoie et du beurre à l’ail par-dessus.

Interrogé par le New York Times, Alessandro Negrini, chef étoilé du restaurant milanais « Aimo e Nadia », explique que ce plat de pâtes montagnard est originaire de la vallée Valteline, qui aurait pu être mise en avant pendant les Jeux Olympiques, autrement qu’en tant que simple région de passage.

« Je ne suis pas un antagoniste des jeux Olympiques. Mais je me permets de me demander pourquoi ne pas avoir dit que ce sont les jeux de la Valteline ? Il est important de montrer que cette vallée ne se résume pas seulement à la neige et au ski », affirme-t-il auprès du quotidien américain. Pour lui, ce plat met en valeur l’aspect culturel de la région, ainsi que son histoire.

Ces produits dans votre caddie qui sont en promo… toute l’année !« Vous commencez à effacer son origine »

Celui qui a grandi dans la vallée de Valteline, confie qu’il ne supporterait pas les personnes qui prennent de la liberté sur la préparation des pizzoccheri. « Certaines versions ajoutent de la crème ou du beurre trop cuit. D’autres utilisent des pâtes de sarrasin séchées au lieu de fraîches ou du fromage hollandais. Je deviens fou quand je vois ça », exprime Alessandro Negrini.

Ce plat, pourtant bien présent dans le village olympique, aurait même été proposé dans des versions de luxe à Milan, relaye le New York Times. Pour le chef étoilé, changer un plat participe à l’effacement de son origine. « Dans la Valteline, où la population vieillit et les jeunes migrent vers les villes, cet effacement est ressenti encore plus profondément. Pour moi, c’est une question de respect pour le territoire », déclare-t-il. Le Valtellinois nuance tout de même qu’il n’est pas opposé à ce qu’un plat vive en dehors de sa région, mais « ce que je n’aime pas, c’est quand cela perd toute relation avec la région environnante ».