Par

Antoine Blanchet

Publié le

1 août 2026 à 8h34

Une expérience intense et inquiétante. Alors que la canicule faisait rage à Paris, mi-juin 2026, Guillaume*, la quarantaine, a vécu une hospitalisation de plusieurs jours. Pas pour déshydratation, mais pour une maladie rare et encore peu connue : le virus du Monkeypox (mpox), plus connu sous le nom de variole du singe.
Entre symptômes impressionnants et errance médicale, ce coach en entreprise nous raconte son calvaire.

Des boutons qui triplent de volume

Pour le quadragénaire, tout commence par un week-end de démangeaisons. « Je m’aperçois que j’ai plusieurs boutons au niveau des jambes, des bras et du dos. Je me suis dit que c’était des moustiques, voire une araignée au vu de la taille. » Peu après, une légère fièvre s’empare de Guillaume. Rien de vraiment inquiétant.

La semaine de travail reprend, et Guillaume décide d’aller voir un médecin généraliste, car son état « grippal » persiste et deux foyers d’infection sont apparus au niveau du pubis et du sein gauche : « Elle me dit que les endroits infectés, qui ressemblent à des verrues, ça serait un staphylocoque. Elle me met immédiatement sous antibiotique. »

Le lendemain, tout bascule dans l’angoisse. Les espaces infectés ne se sont pas résorbés, bien au contraire. « En fin de matinée, je vais aux toilettes. Je me rends compte qu’en une nuit, les verrues ont triplé de volume. Ça a pris une couleur rouge, presque noire. J’avais l’impression que, de minutes en minutes, ça augmentait. Je file aux urgences. »

« J’ai l’impression que c’est la gangrène »

À l’hôpital, la situation est plus qu’intense, car, en cette période de canicule, de nombreuses personnes sont hospitalisées. Commence une série d’examens pour Guillaume : « Le premier médecin me dit que ce que j’ai ressemble à une nécrose. J’ai l’impression que j’ai la gangrène et qu’on va m’amputer. » Une première prise de sang est plutôt rassurante : l’infection est locale et ne s’est pas propagée aux organes vitaux. L’énigme reste pourtant entière. « Il y a une dermatologue qui est venue et a pris en photo mes zones infectées. Je l’entendais au téléphone avec son supérieur et ils n’arrivaient pas à déterminer ce que c’était. Côté moral, ça n’allait pas très bien. Avec ces boutons, je me trouvais monstrueux. »

Huit jours d’examens et d’incertitude s’écoulent. Guillaume est transféré au service de médecine interne, qui essaie de comprendre l’origine de son mal. « On m’a demandé à six reprises si j’avais voyagé à l’étranger ou si j’avais pris des drogues. J’ai subi un traitement assez hardcore avec l’injection de deux antibiotiques et deux antiviraux. » L’état de Guillaume s’améliore, mais, pour le diagnostic, les médecins toujours chou blanc : « Ils venaient au fur et à mesure me dire qu’ils avaient éliminé des causes, sans m’en donner une. »

« Ils ne s’y attendaient pas du tout »

Le dénouement arrive durant le dernier jour d’hospitalisation. Guillaume pense repartir sans rien savoir de plus : « Le médecin me dit que mon état est bien meilleur et que je peux sortir le lendemain, mais qu’on ne saura pas ce que j’ai eu. Peut-être un herpès surinfecté. Une heure après, il revient et me dit de m’asseoir et là, il m’annonce que les résultats sont tombés, et que je suis positif à la variole du singe. »

Qu’il s’agisse de Guillaume ou des blouses blanches, la surprise est de taille. La maladie, qui est apparue en France lors de l’épidémie mondiale de 2022, est une rareté. L’Île-de-France a été l’épicentre du mpox à cette époque, avec plus de 3 100 cas recensés. Sur la période du 1er janvier au 31 mai 2026, à l’échelle nationale, 201 cas ont été signalés, selon les derniers chiffres de Santé publique France.

« Ils ne s’y attendaient pas du tout, confie notre témoin. Ils ont même demandé une deuxième vérification. Ils avaient bien évoqué cette maladie dans leurs recherches, mais ils l’avaient vite écartée du fait de sa rareté. Quand ils l’ont su, j’ai bien vu qu’ils découvraient cette maladie au fur et à mesure. »

« Ça m’a quand même bien angoissé »

À la suite du diagnostic, des précautions doivent être prises. Guillaume doit prévenir tous ses proches qui doivent se faire vacciner. « Après ma sortie de l’hôpital, j’ai dû rester isolé encore une dizaine de jours. Quand je sortais, je devais mettre le masque en mode Covid. » Si Guillaume peut mettre un nom sur sa pathologie, il n’a aucune idée de comment il l’a attrapée. « Elle se transmet par contact prolongé. Les médecins m’ont dit que ça pouvait, par exemple, être attrapé dans les toilettes d’un train. Sans certitude, ils m’ont aussi dit que la canicule pouvait avoir joué un rôle… »

Aujourd’hui, Guillaume n’a plus de symptômes, mais reste encore marqué par cette mésaventure : « La sortie de l’hôpital, c’était loin d’être le grand soulagement. Je me suis senti bien fragile et ça m’a quand même bien angoissé. »

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