Nathalie Cousin, sans son chapeau de pirate, garde intacte l’espièglerie de Billy Ze Kick. Un groupe de reggae-rock dont elle était la chanteuse dans les années 1990, aux côtés notamment de Benoit Careil, l’ancien adjoint à la Culture de la ville de Rennes.

Son image reste à jamais associée à « Mangez-moi ! Mangez-moi ! » qui a fait danser la France entière, pendant l’été 1994. Un tube aussi joyeux que sulfureux, évoquant les pérégrinations d’une bande d’amis en quête de champions hallucinogènes. « L’idée n’était pas, comme certains nous l’ont reproché, de faire l’apologie de la drogue, corrige Nathalie Cousin. Cette chanson, c’était une chronique de la marginalité ordinaire. À l’image des contes de la folie ordinaire de l’auteur américain, Charles Bukowski. »

« C’est dingue l’impact d’une chanson »

Les années ont passé. Les grandes fêtes, « genre rave parties », qu’elle et ses amis musiciens organisaient à Baulon, près de Saint-Thurial, sont derrière elle. À l’aube des années 2000, en devenant maman, Nathalie Cousin a décidé de se poser à Rennes, dans le quartier de Bréquigny. « J’adore la campagne. Mais, il faut une voiture. Or, je suis une cycliste ! » Le choix de Rennes allait de soi. « Je suis originaire du Lude, entre Tours (Indre-et-Loire) et Le Mans (Sarthe). Au début des années 1980, j’ai été attirée par l’aura de Rennes, ses groupes Marquis de Sade, Marc Seberg… Ses Trans Musicales aussi, où je trouvais que ça manquait de filles et de groupes qui s’expriment en français. Ça m’a donné envie de me lancer. »

Nathalie Cousin revendique un côté très bucolique, connecté à la nature. | OUEST-FRANCE
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Nathalie Cousin revendique un côté très bucolique, connecté à la nature. | OUEST-FRANCE

Nathalie Cousin ne renie rien de cette époque. Au contraire. Elle continue d’enregistrer. « Je viens de faire une version reggae de « Rien n’a changé » des Poppys ». Et elle interprète toujours dans des bars, des guinguettes, des festivals, tous les tubes de Billy Ze Kick dont l’incontournable « Mangez-moi ! Mangez-moi ! ». « Le public est encore tout fou là-dessus, sourit-elle. Des chenilles, des farandoles se forment spontanément. J’ai vu certains pleurer. C’est dingue l’impact que peut avoir une chanson dans la vie des gens ».

Se « connecter à la réalité par le biais de la méditation »

La chanteuse rennaise a le sentiment, aujourd’hui, de mieux communiquer avec son public. « Je suis plus accessible en solo que lorsqu’on évoluait en groupe. » Si elle fréquente encore certains bars, Nathalie Cousin cite, parmi ses endroits préférés de la ville, les étangs d’Apigné, « où je me baigne dans un petit spot secret », et surtout le parc de Bréquigny. « J’adore m’y balader et méditer au pied des hêtres. L’alcool, la drogue, j’ai arrêté tout ça. Trop superficiel. J’aime me connecter à la réalité par le biais de la méditation que je pratique deux heures par jour. Ma quête de spiritualité n’est pas liée à une religion. Je suis une laïque ».

Au-delà du parc, Bréquigny est son camp de base. « Avec sa bibliothèque, sa MJC et sa piscine, bien sûr. Je suis une grande nageuse ! Et puis, j’adore la vie de quartier, l’entraide entre voisins… » L’artiste pousse, tout de même, jusqu’au Jardin moderne, dédié aux musiques actuelles. « Un lieu excellent pour les musiciens qui peuvent y répéter à moindre coût. Et puis, les gens y sont adorables ! »