C’est son quatorzième voyage ! Le Christ sur la croix d’Eugène Delacroix quittera fin août 2026 le musée des Beaux-Arts de Vannes (Morbihan). Dans son écrin à double paroi, limitant les vibrations et les écarts de température, il partira pour Paris après avoir été prêté à des musées à Zurich, Sydney, Édimbourg, Tokyo, Madrid, Barcelone… et même New York (au prestigieux MET).
Ce tableau est considéré comme une pièce maîtresse dans la carrière de l’artiste. C’est la première grande composition religieuse de Delacroix. Sa particularité, c’est que le peintre traite cette scène comme un sujet d’histoire, explique Marie-Annie Avril, responsable des collections du Musée des Beaux-Arts de Vannes.
Donné par l’État à la Ville
Il a été acquis par l’État au Salon de Paris, en 1835. Le parlementaire morbihannais Vigier, grand amateur d’art, obtient alors que la toile soit attribuée au Morbihan. Elle est placée dans l’église Saint-Patern, en 1836. Effarouché par l’impudeur de Marie-Madeleine, le curé en a fait recouvrir la poitrine à grands coups de peinture par son sacristain, avant de reléguer la toile dans le clocher. Indigné par les conditions de conservation, l’artiste réclame en 1860 que son tableau revienne à Paris. Mais il ne le reverra jamais avant sa mort.
Sa dernière grande restauration remonte à 2011. Jusqu’en 2017, l’État en était propriétaire. Mais il a décidé de transférer aux villes la propriété de nombreuses œuvres placées en dépôt dans des musées avant 1907. Voilà comment Vannes est devenue l’heureuse propriétaire du tableau, en avril 2017. Un cadeau valant plusieurs millions d’euros. C’est le moment ou jamais de le voir dans l’écrin du musée de La Cohue. Car quand on le reverra à Vannes, ce ne sera plus à La Cohue (qui fermera définitivement ses portes en octobre) mais au château de L’Hermine. Il est au cœur du projet muséal du nouveau musée des Beaux-Arts. Ouverture prévue à l’été 2028.