Par

Jean-Marc Aubert

Publié le

1 août 2026 à 13h08

Les recommandations de la Haute Autoritré de Santé concernant l’obligation vaccinale contre la grippe de l’ensemble des professionnels de la santé fait réagir Jean-François Bouscarain, 51 ans, infirmier libéral à Valergues, dans l’Hérault, président de l’URPS Infirmiers Occitanie et vice-président de la Fédération Nationale des Infirmiers. Il réagit.

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« Une obligation qui ne peut pas être à sens unique »

« Je suis favorable à l’obligation vaccinale contre la grippe pour les professionnels de santé. Je l’ai toujours été. Être soignant, c’est assumer une responsabilité particulière envers les patients les plus vulnérables. Considérant le devoir de protection des droits fondamentaux des patients, notamment les plus fragiles dont la protection dépend d’autrui, et l’impératif de sécurité des soins, j’estime que la vaccination des professionnels de santé contre des maladies contagieuses lorsqu’un vaccin est disponible et montre un ratio bénéfices-risques positif pour la population relève d’une responsabilité des professions des secteurs sanitaires et médico-sociaux, visant à tout faire pour minimiser les risques pour les patients », assure t-il.

Il ajoute « Je suis convaincu que la vaccination des professionnels de santé ne relève pas d’un choix individuel, mais d’un devoir professionnel. On ne peut pas recommander ce que l’on ne s’applique pas à soi-même ! Ce serait comme un professionnel du bâtiment qui se rendrait sur un chantier sans chaussures de sécurité : la protection n’est pas une option, elle fait partie intégrante de l’exercice du métier ».

Des solutions

Il s’interroge : « verrions-nous un travailleur du bâtiment sans chaussures de sécurité ? ». Et il préconise des solutions : « développons les outils de suivi et consolider les données sur les couvertures vaccinales, notamment sur les publics fragiles, pour renforcer le pilotage des actions de promotion de la vaccination. Mettons en œuvre une politique efficace de prévention vaccinale sur des pathologies ciblées, afin d’« aller-vers » les publics à risque ou vulnérables, particulièrement dans les déserts médicaux ».

Vidéos : en ce moment sur ActuUne exigence d’exemplarité et de responsabilité collective

Pour Jean-François Bouscarin, « la vaccination est, avec l’accès à l’eau potable, l’avancée de santé publique qui a le plus fait progresser l’espérance de vie à l’échelle mondiale. La crise du Covid-19 nous l’a rappelé de la manière la plus concrète : c’est la vaccination qui a permis de protéger les populations les plus fragiles et de sortir de la crise sanitaire ».

Il souligne que, « en tant qu’infirmier libéral, j’interviens chaque jour au domicile de patients âgés, immunodéprimés, polypathologiques, chez lesquels une infection évitable peut avoir des conséquences dramatiques. Se vacciner, c’est se protéger, mais c’est d’abord protéger ceux que je soigne et ceux avec qui je travaille. Faire le choix du soin, c’est accepter les responsabilités qui l’accompagnent ».

Une position que rejoignent bon nombre d’infirmiers libéraux, mais qui ne fait pas l’uninamité dans cette profession.

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