Et ce, notamment grâce à la démocratisation des mobil-homes, aussi commercialement appelés bungalows, cottage roulotte, éco-lodge ou chalet selon leur niveau de confort et leur look dont les prix dépassent parfois les 1.000 euros la semaine en haute saison.

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Derrière ces alléchants logements de vacances, se cachent toutefois des réalités insoupçonnées, relevant elles, non pas du bonheur mais d’une détresse sociale et sociétale. Parmi les voisins des vacanciers en location, comme Henri et sa famille, se trouvent aussi des propriétaires de mobil-home et d’autres ménages en congés qui pourraient bien finir, à terme, par devoir renoncer à leur camping.

Des locataires d’emplacements, et propriétaires de mobil-homes, mis à la porte

“Je dois déménager de camping car celui où je suis va fermer. J’en recherche un avec activités pour les petits et les grands, pas trop loin de la mer. J’aimerais également la faire louer, donc un camping où cela est possible”, demande une propriétaire sur Internet, reflétant bien la tendance, celle de camping qui montent en gamme et priorisent de facto des logements plus design et des équipements ou activités diverses notamment pour enfants.

Sauf que voilà, sa caravane est “ancienne, très grande et à toit plat” poussant d’autres propriétaires à lui répondre que “beaucoup de camping la refuseront, privilégiant les installations disposant de toit en pointe”. Une situation déjà évoquée dans la presse en 2022, lors du rachat du camping Val de Poix à Saint-Hubert… par le groupe flamand Corsendonck.

Ces propriétaires ne sont, semblent-ils, plus le public désiré par les repreneurs. “Le code du tourisme wallon impose aux campings maximum 75 % d’emplacements nus destinés aux contrats annuels. C’est inscrit dans les permis, donc cette part est stable. Mais lors de rachats, les nouveaux campings s’orientent plus vers le tourisme de passage, avec des locations d’hébergement”, soumet Marjolaine Hardouin, la directrice de la Fédération des campings de Wallonie. “Le rapport de rentabilité passe de 1 à 5”, corrobore Jean-Michel Decroly, professeur de géographie et de tourisme à l’ULB.

À l’année, les ménages paient une redevance, allant de 1.200 à 5.000 euros pour jouir librement de leurs emplacements lorsque louer le logement peut revenir à 1.000 euros la semaine.

La hype des mobile-homes

Cette quête lucrative se solde néanmoins par des conséquences sociales, dans un contexte de marché immobilier et d’accès au logement ordinaire tendus. “Ces logements mobiles sont une alternative pour devenir propriétaire avec un revenu modeste, ce qui participe pour les ménages à se distinguer de la classe la plus paupérisée, empreinte de représentations négativement connotées”, argue Gaspard Lion, maître de conférences en sociologie à l’Université Sorbonne-Paris-Nord, précisant qu’un mobil-home s’achète avec un prêt à la consommation et non pas un emprunt immobilier, aux garanties financières plus strictes. Et à des prix plus bas grâce à l’absence d’achat du foncier et dû à la dépréciation très rapide de ces biens.

“C’est aussi une forme d’autonomie individuelle, sans dépendance à un propriétaire, pour des individus déjà dans des relations très subordonnées au travail, en étant par exemple ouvriers.” Stabilité et autonomie restent toutefois relatives, le gérant du camping disposant du dernier mot sur l’installation et les règles sur place. S’il a longtemps fait rêver, pour les vacances ou comme symbole inconscient d’une forme d’ascension sociale, le camping laisse aujourd’hui certains de ses habitués sur le bord du chemin. Celui qui mène au glamping… et au profit ?