C’est votre premier stage ici en tant qu’entraîneur ?

Pour un vrai stage d’une semaine, oui. Mais j’étais déjà venu avec le Beerschot et le Lierse. C’est un peu bizarre d’y revenir comme ça, parce que c’est ici que j’ai passé ma Licence pro il y a quelques années. On se sent un peu chez soi ici.

Petit fun fact : vous avez vu… Rudi Garcia ce jeudi. Il est revenu chercher ses affaires.

Oui, on s’est croisé et on a discuté pendant une quinzaine de minutes. C’est quelqu’un que j’apprécie beaucoup humainement, il est vraiment très ouvert et très honnête. Et je voulais simplement le féliciter parce qu’on a quand même vu une belle équipe belge au Mondial. Il mérite tout le respect.

guillement

J’ai discuté une quinzaine de minutes avec Rudi Garcia.

Pas encore de Mark van Bommel, par contre.

Je suis curieux de voir ce que ça va donner. Il a fait des bonnes choses avec l’Antwerp.

Vous quitterez Tubize ce samedi, direction Sochaux pour le troisième match de la préparation estivale. Quel est votre bilan actuel ?

Durant les trois premières semaines, le focus a surtout été mis sur la préparation athlétique et physique. On a joué les deux matchs amicaux avec un mix de joueurs, sans forcément regarder à l’équilibre et aux aspects tactiques. Même si on a évidemment mis quelques petites choses en place. On a surtout vu qui était capable de s’entraîner avec une grosse charge dans les jambes puis d’enchaîner avec un match. Mais à partir de la semaine prochaine, on va commencer à rentrer en mode compétition.

Le premier match, c’est le 22 août… au RC Lens. C’était le destin de débuter contre le club que vous avez quitté il y a un an ?

Peut-être. Juste avant l’annonce du calendrier, j’étais au téléphone avec Nico et Edward (NdlR : son autre frère, l’entraîneur de la RAAL). Je sentais qu’on débuterait avec un déplacement, mais plutôt à Nice ou Marseille. Et Nico a eu ce pressentiment que ça serait au stade Bollaert. C’est anecdotique, mais c’est sympa. J’adore les gens qui sont là-bas.

L’accueil sera positif, selon vous ?

Je pense, oui. Malgré des circonstances compliquées cette saison-là, nous avons pris plus de points que l’année d’avant. Je n’ai que des bons souvenirs de ma période là-bas, avec aussi le soutien des supporters dans une saison qui n’était pas facile sur le plan personnel.

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Je n’aurais pas dû recommencer directement dans un autre club.

Avec du recul et en sachant ce qu’il s’est passé avec votre compagne (NdlR : Emma, qui a été gravement malade), c’était la bonne chose à faire de quitter Lens ?

Oui, je n’en ai aucun doute. En revanche, je n’aurais pas dû recommencer directement dans un autre club, Southampton en l’occurrence. J’aurais dû couper, j’aurais dû prendre plus de temps pour moi, pour nous et pour la famille. Mais ce n’est pas un vrai regret parce que j’ai beaucoup appris de cette expérience.

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Pourquoi avez-vous accepté, alors ?

Je me considère toujours comme le mec parfaitement normal qui a grandi ici, dans le Brabant wallon, et qui a joué avec ses potes en P1 ou P2. Et je me suis dit : « Mais t’es qui pour refuser un club comme ça ? » Je me suis dit que ce serait presque arrogant de ne pas le faire. Finalement, j’ai appris énormément sur moi et sur le football durant ces quelques mois.

Will Still ne trouve pas la solution à Southampton.Will Still ne trouve pas la solution à Southampton.Will Still n’est resté que quatre mois et demi à Southampton. ©IMAGO/Pro Sports Images

Votre frère Edward a aussi connu des difficultés, lorsqu’il a repris Watford en cours de saison. La Championship, c’est la ligue la plus compliquée ?

C’est un championnat très particulier dans le style de jeu, dans l’approche des matchs, dans la quantité de matchs. Et c’était une adaptation énorme pour moi. Mais à refaire, je ne le referais pas, ça c’est sûr.

Pensez-vous avoir un jour d’autres opportunités en Angleterre ?

Je ne sais pas. Les médias ont toujours voulu m’envoyer en Angleterre vu mon attachement avec ce pays. Mais si tu demandes à n’importe quel être entraîneur ou joueur dans quel championnat il rêve d’aller, il te dira la Premier League. Puis, j’ai grandi en la regardant à la maison chaque semaine. Mais je ne me suis jamais projeté trop loin. Je ne me prends pas la tête avec ça. Si dans cinq ans, l’opportunité se représente, c’est qu’on aura fait du bon travail à Auxerre. Si ce n’est pas en Angleterre, ce sera ailleurs. Ce n’est pas très important maintenant.

Vous avez donc été licencié de Southampton en novembre 2025. C’était votre toute première période sans club. Qu’avez-vous fait pendant ces quelques mois ?

D’abord, je suis parti aux quatre coins du monde, littéralement. On s’est posé avec mes agents, Emma et mon père. Et j’ai fait ce que j’aurais dû faire au mois de juin 2025. C’est-à-dire prendre le temps pour comprendre, pour profiter avec les personnes qui me sont chères. J’ai donc voyagé, j’ai vu ma famille, j’ai revu mes amis ici en Belgique. Je n’avais pas fait ça depuis 13 ans, quand j’ai commencé à Saint-Trond.

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Je n’avais plus envie de regarder le foot ou même d’en parler.

Vous suiviez encore le foot ?

Même pas. Je n’avais plus envie de regarder ou même d’en parler. Je m’en fichais. Il y a pourtant eu des opportunités qui se sont présentées. Un jour, mon agent m’appelle quand j’étais en Australie pour aller voir du cricket, il m’a demandé si j’étais prêt à accepter si un club se présentait demain. J’ai dit que non. Après ce licenciement, c’était vraiment dur. Je ne voulais pas replonger dedans. J’avais besoin de cette coupure.

Will et Emma, ici à New York, ont profité de la vie après son départ de Southampton.Will et Emma, ici à New York, ont profité de la vie après son départ de Southampton.Will et Emma, ici à New York, ont profité de la vie après son départ de Southampton. ©Instagram

Puis le goût est revenu.

J’ai recommencé à aller au stade et à suivre le foot en février dernier. Puis, votre confrère Vincenzo Ciuro m’a téléphoné pour me proposer de commenter la Champions League sur RTL sports en tant que consultant. J’ai accepté et c’est aussi ça qui m’a fait beaucoup de bien. Je ne le remercierai jamais assez pour ça, d’autant qu’on a vu plein de superbes matchs.

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Puis vous avez accepté de discuter avec des clubs ?

Au fil de la saison, j’ai eu des contacts avec le FC Nantes, le Paris FC et Lorient. Aussi Bristol City, en Championship. Puis Auxerre.

Vous n’étiez donc pas grillé en Angleterre.

Non, mais je ne pense pas m’être grillé. Sur 16 matchs, on en a gagné quatre et perdu six. Ce n’est pas ce que je voulais, mais ce n’était pas catastrophique non plus. Il faut savoir remettre les choses dans leur contexte. Southampton sortait d’une saison compliquée. Et ce n’était pas possible de transformer l’équipe du jour au lendemain. Il fallait passer par cette étape de perdre des matchs.

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Auxerre, ce n’était pas un choix très compliqué à faire.

Voilà peut-être la différence avec Auxerre. Ce n’est pas un projet dans l’urgence.

Oui. Je voulais retrouver un club ambitieux mais aussi à taille humaine et où on ressent un lien familial. Auxerre a fait des bonnes choses ces dernières années et le propriétaire m’a dit qu’il voulait passer un cap, regarder plus haut. Et ça correspondait à mes envies. Au final, ce n’était pas un choix très compliqué à faire.

Vous ressentez plus de liberté ici ?

Déjà, j’ai pu prendre un staff avec moi, ce qui n’était pas le cas en Angleterre. Et j’ai vite senti une certaine forme de confiance, d’ouverture d’esprit et une bonne communication. J’ai été aligné sur les mêmes valeurs et les mêmes principes. Il y avait d’autres opportunités. Mais mon instinct me disait qu’Auxerre était le bon endroit.

Quel est votre poids sur le recrutement ? Arthur Piedfort (Westerlo) a signé en début de mercato. Ce n’est pas un hasard, n’est-ce pas ?

Oui (rires). On m’a dit dès le premier jour qu’il y avait certains joueurs qui partiraient. Puis on a pointé ce dont on avait vraiment besoin. J’avais suivi Arthur depuis l’époque où il était au PSV, je me souviens l’avoir regardé quand j’étais au Standard. Et il était aussi sur la liste de l’AJA. Puis j’ai poussé pour son profil parce qu’il correspondait à ce qu’on voulait. Au final, tout a été assez simple et facile, la communication est claire. Donc ça facilite le processus.

Après s’être sauvé in extremis l’an dernier, quel est l’objectif du club ?

Se sauver le plus rapidement possible, et ne pas se fixer de limites en regardant vers le haut. Le club est en train de grandir : il y a l’expansion de la tribune, il y a un hôtel qui sera construit à l’arrière. On veut continuer à faire grandir tout le club et essayer d’établir Auxerre dans la première partie de tableau de Ligue 1 dans les deux ou trois années à venir.

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Guy Roux vient souvent aux entraînements pour regarder.

Si vous revenez en France, c’est aussi parce que votre compagne va beaucoup mieux.

Oui. Elle continue à être suivie et fait attention à tout. Mais elle va beaucoup mieux. Et elle passera une majorité du temps avec moi à Auxerre. Elle rentrera en Angleterre quand elle devra travailler pour Sky Sports. Mais je pense qu’on a trouvé le meilleur équilibre pour tous les deux.

Dernière question : avez-vous déjà acheté votre bonnet à la Guy Roux, l’entraîneur légendaire d’Auxerre ?

Pas encore (rires). Mais je l’ai appelé avant de signer. Et tu sens tout l’amour qu’il a pour le club. Il vient souvent aux entraînements pour regarder. Il ne veut que le bien pour ce club. Et ça ne peut qu’être une bonne chose. J’espère faire aussi bien que lui pour ce club.