Depuis quelques années, Naples vit une période de renouveau. Elle captive touristes, réalisateurs, chanteurs et producteurs. Sa réputation de ville sale et dangereuse semble derrière elle. Les scènes extravagantes de sa vie quotidienne fascinent sur les réseaux sociaux. Et un habitant en particulier, Antonio.
Impossible de le contacter en amont, il refuse de donner son numéro. Nous prenons donc des billets pour Naples et filons, à peine atterris, à l’endroit indiqué. «Vous le trouverez, il y vient tous les jours», nous rassure-t-on. Il est là en effet, comme à son habitude, face au Vésuve. Assis, un bras derrière le dossier de sa chaise en plastique blanc, à scruter l’horizon. Antonio Ventre, 82 ans. Si vous êtes de passage dans la cité parthénopéenne, poussez quelque 500m après l’incontournable Piazza del Plebiscito, pour le rencontrer. Direction le bord de mer et Santa Lucia, un quartier peuplé historiquement de pêcheurs. Descendez les escaliers au niveau du rond-point Nazario Sauro. Vous arriverez sur un large trottoir arrondi où s’agglutine le tout Naples populaire. Ceux qui n’ont pas les moyens de partir en vacances. Alors, en contrepartie, ici, tout leur est permis. On se hèle en dialecte, on s’apostrophe entre deux plongeons, on s’interpelle sans arrêt.
Dans ce brouhaha permanent, Antonio…
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