
Par Ibrahim Molough
Publié le 02 août à 06h11
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Les forêts couvrent un tiers du territoire wallon, mais les sécheresses à répétition liées au réchauffement climatique mettent de plus en plus d’arbres en difficulté. Face à ce constat, les forestiers estiment qu’il est urgent de diversifier les essences plantées pour préparer les forêts au climat de demain. Éléments de réponse avec Marwa Sebbahi et Alexandros Kiritsis.
Les forêts wallonnes paraissent à premier coup d’œil en bonne santé. Pourtant, en y regardant de plus près, les premiers signes de leur souffrance apparaissent. Au pied de certains arbres, des écoulements de sève témoignent d’un stress devenu de plus en plus fréquent.
« Ces écoulements sont liés à un stress intense. Avec les sécheresses que nous connaissons ces dernières années, forcément les arbres rencontrent des situations très contraignantes et ce type de symptôme apparaît régulièrement », explique Quentin Leroy, directeur de l’Observatoire wallon de la santé des forêts.
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Pendant longtemps, les arbres ont réussi à se remettre des épisodes de sécheresse. Mais aujourd’hui, leur répétition change complètement la situation.
« Le problème, c’est l’accumulation. Ce stress, d’année en année, oblige les arbres à puiser dans leurs réserves. Dans certains cas, on dépasse les réserves disponibles et les arbres peuvent mourir », prévient l’expert.
Diversifier les essences devient une priorité
En Belgique, les monocultures d’épicéas ont longtemps permis de produire rapidement du bois en grande quantité. Mais les maladies et des sols de plus en plus secs rendent aujourd’hui ce modèle beaucoup plus vulnérable.
Pour les spécialistes, il faut désormais diversifier les forêts avec des essences plus résistantes aux conditions climatiques futures.
« Nous travaillons sur le concept de migration assistée, c’est-à-dire d’amener des essences qui viennent plutôt du sud ou de l’est de l’Europe, où les climats sont déjà plus chauds et plus secs », explique Nicolas Dassonville, responsable recherche et innovation à la Société Royale Forestière de Belgique.
« L’idée, c’est d’élargir la palette du forestier pour diversifier sa forêt avec des essences qui seront plus adaptées au climat futur », poursuit-il.
Des résultats qui se mesureront sur plusieurs décennies
Adapter les forêts ne se fera toutefois pas en quelques années. Remplacer des peuplements dépérissants demande entre 50 et 100 ans, alors que les effets du réchauffement climatique se font déjà sentir.
Les pistes de solutions sont nombreuses, mais aucune n’offre de réponse garantie. Une chose fait néanmoins consensus chez les forestiers : il ne faut plus perdre de temps.
