Après 44 ans dans un garage de mécanique lourde converti en refuge animal, il est plus que temps que la Société protectrice des animaux (SPA) de Québec se trouve un nouveau toit.

Déjà, en 2012, sa direction qualifiait les locaux de «honte nationale». «On fait pitié», déplorait à l’époque son directeur général. «Et je le comprends de dire ça», confirme celle qui joue aujourd’hui ce rôle, Karina Painchaud.

Surtout que l’organisme sans but lucratif, qui assure les services animaliers de plus d’une quarantaine de municipalités, a significativement grossi depuis la première fois où il a pensé déménager.

De 25 employés il y a cinq ans, la SPA de Québec emploie aujourd’hui 75 personnes. Et alors qu’il était originalement planifié pour accueillir une cinquantaine de chiens et environ 200 chats en même temps, plus de 8000 animaux passent au refuge chaque année, souligne la gestionnaire.

Malgré quelques réaménagements, la SPA de Québec est à l'étroit dans son bâtiment de l'avenue Galilée.

«C’est un milieu très difficile, convient Mme Painchaud. Pour nos employés, mais aussi pour nos animaux.»

«Ils ne nous le disent pas, mais ce n’est pas optimal pour eux non plus.»

—  Karina Painchaud, directrice générale de la SPA de Québec

Même dans des espaces restreints, les équipes de la SPA «font des miracles» pour les rendre les plus fonctionnels et accueillants possibles, précise la directrice générale. «Tout est nettoyé tous les jours», insiste-t-elle.

Lumière au bout du tunnel

Malgré le «grand engagement» de ses employés, la gestionnaire espère que le manque de place dans le principal refuge animalier de la capitale sera bientôt une histoire du passé.

Après des années de démarches et de projets avortés, la SPA de Québec se rapproche plus que jamais de nouvelles installations plus spacieuses et mieux adaptées, selon Karina Painchaud.

Des discussions «sérieuses» seraient en cours, indique la directrice générale.

«C’est un projet d’envergure qui nécessite que les planètes soient alignées, et, en ce moment, les planètes sont alignées», résume-t-elle.

La directrice générale de la SPA de Québec, Karina Painchaud.

La directrice générale, qui a repris les rênes de la SPA en février 2024, rapporte avoir «une excellente collaboration» avec la Ville de Québec, son conseil d’administration et les autres partenaires de l’organisme, comme les cliniques vétérinaires.

«On pose vraiment des pierres [pour un nouveau refuge], assure Mme Painchaud. Jamais à la vitesse que je voudrais, évidemment, mais on pose des pierres qui me laissent croire que plutôt que tard, on risque de voir la lumière au bout du tunnel.»

Fermé à cause de la teigne

Bien qu’elle espère quitter son local des 44 dernières années, la SPA de Québec doit tout de même toujours composer avec l’étroitesse de son garage «flippé en refuge», des mots de la directrice générale.

L’organisation a d’ailleurs dû suspendre toutes les visites et les adoptions de chats dans les derniers jours en raison d’une éclosion de teigne au refuge.

La maladie, qui provient d’un champignon microscopique, est très contagieuse. Elle provoque de l’irritation de la peau, puis des pertes de poils en ronds et des croûtes sur des animaux qui en sont atteints.

S’il n’est pas anormal que la teigne se propage dans les refuges, elle a une présence «un petit peu plus élevée que la normale» ces jours-ci au refuge de Québec.

Tous les chats de la section d'adoption de la SPA de Québec seront traités contre la teigne.

Plus d’une trentaine de chats à l’adoption sont suspectés d’avoir l’infection, en plus de quelques animaux du refuge qui présentent des signes. «Donc on a décidé de les traiter tous à la fois», explique Karina Painchaud. C’est pour ça qu’on a fermé l’adoption.»

La fermeture temporaire, qui devrait se terminer le 5 août, permettra aussi aux équipes de «nettoyer en profondeur le refuge pour s’assurer que ça ne se promène pas d’un endroit à l’autre», ajoute Mme Painchaud.

Le personnel de la SPA doit porter des équipements de protection pour traiter les chats contre la teigne, puisque l'infection peut se transmettre chez l'humain.

Sans en être la cause unique, la petitesse et vétusté des installations de l’avenue Galillé «est certainement une variable» dans la transmission de la teigne entre les chats à adopter.

«Il y a énormément de circulation et beaucoup de promiscuité entre les animaux, note-t-elle. Donc, même avec nos protocoles, les risques de propagation sont là.»

La pause dans les adoptions et le traitement préventif des animaux suspectés coûteront près de 10 000 $ à la SPA, selon ses estimations. L’organisation compte sur l’appui du public pour payer les coûts de l’opération et lancera une levée de fonds dans les prochaines heures.

Les visites et les adoptions devraient reprendre le mercredi 5 août au refuge de la SPA de Québec.