« Je suis ici pour vous raconter qui est mon fils. Mais pour que vous puissiez comprendre, je dois vous raconter ce qui est arrivé à son grand-père. » Pour son troisième long-métrage, la réalisatrice Cherien Dabis retrace, sur plusieurs générations, le destin d’une famille palestinienne, dont la vie a été bouleversée par l’exil et l’occupation. De la prospérité aux humiliations quotidiennes, des bonheurs simples à l’immigration forcée, le film oscille sans cesse entre récit intime et historique, explorant l’identité et la transmission des traumatismes. Bouleversant.
L’Être aimé de Rodrigo Sorogoyen
Le cinéaste espagnol, derrière le fabuleux As Bestas, nous emporte dès la première scène : une joute verbale entre Emilia, actrice, et son père, Esteban Martinez, grand réalisateur, venu lui proposer un rôle dans son prochain film. Cette longue scène dit tout de leur relation ou plutôt leur absence de relation. Présenté en compétition au festival de Cannes en mai dernier, L’Etre aimé partait déjà avec un handicap : arriver après le très acclamé et multi-récompensé Valeur sentimentale de Joachim Trier, dont les thématiques — relation filiale, rapport à l’art, etc. — étaient similaires. Au-delà de la comparaison facile, l’approche adoptée par Rodrigo Sorogoyen diffère en cela qu’il s’intéresse à la genèse même du film dans le film, et au déroulement du tournage. Son Esteban Martinez est un démiurge tyrannique, privilégiant la création au bien-être de son équipe jusque dans une séquence d’anthologie, hilarante bien que cruelle. Javier Bardem livre (encore une fois) une interprétation saisissante.
Une jeunesse indienne de Neeraj Ghaywan