« On aurait pu faire un troisième film, mais le format série convenait mieux à nos envies », explique Kev Adams quant à l’arrivée de sa « Maison de retraite » sur le petit écran. Peut-être aurait-il mieux fait de s’abstenir ! Car si on peut saluer sa volonté de mettre toujours plus en lumière nos aînés, et son élan pour créer des ponts entre les générations… on est loin d’une réussite.

Pour celles et ceux qui n’auraient jamais vu les films, dont le premier volet est sorti au cinéma en 2022, « Maison de retraite » introduit le personnage de Milann, un trentenaire qui, après un délit, est contraint d’effectuer 300heures de travaux d’intérêt général dans un home. Contre toute attente, il va alors se lier d’amitié avec ces résidents d’un autre temps, notamment une bande de sept inséparables qui lui apprennent, chacun à sa manière, leur vision de la vie. Mais au fil des semaines, Milann découvre que l’établissement profite de la vulnérabilité de ses pensionnaires pour les arnaquer, et décide d’organiser une grande évasion.


Cette histoire, en plus d’en être la tête d’affiche, c’est Kev Adams lui-même qui l’a imaginée et posée sur le papier. À l’époque, il s’était entouré de Gérard Depardieu, Liliane Rovère, Firmine Richard, Marthe Villalonga ou encore Daniel Prévost et Jean-Luc Bideau, qui ont tous joué le jeu des retraités tandis que Jarry faisait partie du personnel.





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Malgré des critiques sévères (beaucoup déploraient un scénario paresseux, une écriture manquant de finesse et un jeu assez médiocre), la comédie a tout de même connu un succès notable au box-office français, séduisant un public d’au moins 2millions de spectateurs par sa fraîcheur et son « grand cœur », malgré ses maladresses. Il n’en fallait pas plus à Kev pour se lancer dans une suite, qui réalisera également de bonnes performances dès sa sortie, en 2024. « Je venais de passer deux ans avec des légendes du cinéma français en racontant combien nos personnes âgées ont encore à nous apprendre et à nous transmettre », défendait l’acteur d’aujourd’hui 34ans. « Ce sont des valeurs que je suis fier de défendre. »

Dans ce deuxième opus : adieu Gérard Depardieu, bonjour Chantal Ladesou, Amanda Lear, Enrico Macias et Jean Reno ! Le nouveau gang de « petits vieux », toujours supervisé par Kev Adams (Milann) et Jarry (Alban), se voyait cette fois cohabiter – difficilement – avec de jeunes orphelins ainsi que des résidents d’un autre établissement pour seniors, dans une ville idyllique en bord de mer, dans le sud de la France.

La suite de trop

« On a pris le parti de redémarrer à la fin du deuxième film, mais on ne voulait pas perdre en cours de route les gens qui n’avaient pas vu les longs métrages », explique Kev Adams à « Télé 7Jours » à propos de la série, qui fait office de troisième volet décliné en six épisodes. « Évidemment, on retrouve les personnages emblématiques à travers leur quotidien (seuls Amanda Lear et Jean Reno n’ont pas rempilé), mais cette fois-ci par le prisme de nouvelles recrues, à savoir trois jeunes qui effectuent des travaux d’intérêt général au sein de la maison de retraite. »

Et le comédien, qui coréalise avec Claude Zidi Jr, déjà à l’œuvre sur « Maison de retraite2 », d’ajouter que l’objectif, cette fois, était aussi de « raconter les rêves et les vies passées de chaque personnage ». Si Kev s’éclipse dès le premier épisode, Jarry, lui, reste bien en place, haut en couleur, fidèle à lui-même. À ses côtés, Stéfi Celma complète l’équipe des aides-soignants, avec son propre bagage. « Cette série, c’est un vrai mélange culturel, social et générationnel », se réjouit l’actrice de « Dix pour cent » et « Balle perdue ».


Sur le fond, on est d’accord. C’est sur la forme que ça coince. Malgré des intentions toujours louables, cette « Maison de retraite » en série manque cruellement de consistance, et on s’ennuie vite. Les situations se succèdent (trop) lentement, sans surprise, sans émotion sincère, sans humour. Entre gags téléphonés et personnages réduits à des caricatures, parfois d’eux-mêmes, comme Chantal Ladesou, tout sonne forcé, surjoué, artificiel. On enchaîne cliché sur cliché, les acteurs récitent plus qu’ils ne jouent. C’est long, pénible et gênant – vous voilà prévenus !

« Maison de retraite », Mercredi 25 février, 20h30, RTL tvi