Voilà quatre mois que le Musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne a clos ses portes pour mettre à jour son système d’incendie. Une fermeture mise à profit pour insuffler un coup de jeune dans ses sous-sols, là où sont exposés les cycles.

Avant d’arriver au vélo tel qu’on le connaît, petit voyage dans le temps jusqu’en 1750. La plus vieille pièce du musée est un monocycle en bois et en fer, dont la selle se trouve au milieu de la roue. Un véhicule qui pourrait sembler être fait pour un numéro de cirque, mais construit pour un prince de Brescia en Italie.

« La Joconde du cycle »

« Brescia voulait le récupérer, mais c’est la Joconde du cycle, donc on le garde », annonce Marie-Caroline Janand, la directrice du musée.

Pour arriver à un véhicule plus grand public, il faut attendre le début du XIXe  siècle, avec la draisienne, la « machine à courir ». « Pas de pédale, pas de freins, pas de système de transmission avec une chaîne, mais on trouve déjà deux-roues, un guidon et un endroit où s’asseoir », décrit Marie-Caroline Janand.

La machine est lancée, ou plutôt l’intérêt pour les véhicules à deux-roues. « En très peu de temps, il y a une innovation fulgurante en Europe, mais les plus forts sont les Anglais », retrace la directrice du musée. C’est à Coventry, dans les années 1880, qu’est créée une partie indispensable du vélo moderne : la chaîne de transmission.

Mais alors comment Saint-Étienne est devenue la capitale française de la bicyclette ? Tout commence par le vol d’un secret industriel. Les Frères Gauthier vont profiter de la venue d’un cycliste anglais, qui fait la promotion du vélo, pour essayer l’invention. Au détour d’un virage ils prennent toutes les mesures et vont commencer à produire à Saint-Étienne, en 1 886.

Saint-Etienne, capitale du vélo

Dans la ville verte, le savoir-faire industriel autour des arme s permet de produire des vélos en masse. « Après tout, quand vous savez faire un tube de canon, vous pouvez le faire pour un vélo. La seule chose qui n’était pas produite à Saint-Etienne, ce sont les pneumatiques et les selles », résume la directrice du musée.

La nouvelle version de l’exposition met justement en valeur ces logiques industrielles communes à la production des vélos, des armes, mais aussi des rubans… « On n’a pas inventé le vélo, mais à Saint-Étienne on sait fabriquer et faire du commerce », explique-t-elle. Manufrance, Automoto, Wonder, Ravat, jusqu’à la Seconde guerre mondiale, les grands noms des deux-roues sont stéphanois.

Course à la technologie

Dans l’exposition, 60 % des cycles exposés sont des pièces sorties des stocks du musée. Parmi les nouveautés, un Vélomoteur Cocymo. Le nom d’un consortium de fabricants stéphanois qui se sont unis pour créer un vélomoteur dans les années 1950, une aventure qui ne dura pas. « Celui-ci a été acheté à un Marseillais, qui roulait encore avec », détaille Marine Baron, la responsable de la collection cycle.

Autres nouveautés : des activités ont été créées comme un atelier pour démonter et remonter une roue, un autre fait avec l’École des Mines pour expliquer les forces contraires qu’un vélo subit.

L’exposition se termine avec les deux-roues d’aujourd’hui : vélos collectifs en libre-service, vélo en bambou… « Les vélos d’aujourd’hui sont la transposition des savoirs passés et la réinterprétation des usages précédents », conclut Marine Baron.

Infos pratiques : Le musée sera ouvert du mardi au dimanche, de 10 à 18 heures. Renseignement et réservations au 04.77.49.73.00. Ce dimanche 02 août, la visite est gratuite.