Il est environ 15h, le 7 juillet, à Arles, quand une file d’attente s’étire sur les berges du Rhône. Elle s’étend de la Chapelle du Méjan jusqu’à l’angle du restaurant voisin, une dizaine de mètres plus loin. Mais une femme explique que la visite guidée de l’exposition d’un certain « Harry » affiche complet. Que si l’on souhaite tout de même voir ses photos, il faudra attendre 45 minutes. Certains visiteurs ne manquent pas de montrer leur mécontentement, avant de rebrousser chemin. Mais qu’a donc fait ce photographe pour éveiller ainsi l’élan des foules ?
Dans la Chapelle, la soixantaine de chanceux sont accueillis par la douce mélodie d’un accordéon. Le musicien n’est autre que Tuur Florizone, ami de l’artiste qui a composé la musique sur un projet audiovisuel d’Harry Gruyaert. À la fin de sa représentation, un homme avec un charmant accent flamand fait son entrée, c’est le photographe : « c’est bien que vous soyez tous là, mais ça aurait été mieux si on avait été 10, parce qu’il faut bouger. On découvre beaucoup de choses, en changeant de perspectives. ». L’artiste s’inquiète de l’affluence. Il faut dire que l’homme de 75 ans est une figure importante de la photographie, « un immense c…