Il décrit ainsi la ville : « La misère suinte encore des murs, malgré les discours promotionnels qui attribuent aux immeubles vides un charme extraordinaire, qui présentent les graffitis comme de l’art urbain et vantent la ville comme le ‘Berlin de la Sambre’. Balivernes. »
« Charleroi suinte la misère »…
Une phrase qui a fait réagir dans le Pays Noir, où plusieurs voix ont dénoncé une vision caricaturale d’une ville qui tente depuis plusieurs années de changer d’image. Une réaction qui rappelle aussi le style de Jan Segers : des chroniques où l’ironie et la provocation occupent une place centrale.
Né en 1965 et diplômé en philologie romane à l’Université de Gand, Jan Segers travaille dans la presse depuis de nombreuses années. Après seize années dans le journalisme sportif, il devient journaliste politique puis éditorialiste. Il est notamment passé par Het Volk, VTM, Supersport et Gazet van Antwerpen, avant de rejoindre Het Laatste Nieuws en 1998.
« À vos risques et périls »
Au fil des années, il est devenu une figure connue du quotidien flamand. Son propre journal résume d’ailleurs son style avec une formule teintée d’autodérision : « Au cours de ses quarante ans de carrière, il a réussi à ne jamais remporter le moindre prix. Néanmoins, toutes ces années d’expérience journalistique lui sont aujourd’hui très utiles. Il s’en sert pour alimenter ses chroniques. Vous pouvez les prendre au sérieux, mais à vos risques et périls. »
Son parcours a aussi été marqué par une épreuve personnelle. En juillet 2020, Jan Segers est victime d’un infarctus cérébral, suivi quelques jours plus tard d’une hémorragie cérébrale. « À cause de ce qui m’est arrivé, j’ai appris à détester encore plus tout ce qui est un jeu politique et une stratégie politique. Je ne peux presque plus le supporter physiquement », expliquait-il à De Standaard en 2021.
Il quitte alors son rôle d’éditorialiste politique pour devenir chroniqueur. « Avant, j’étais une machine d’opinion. C’était devenu une seconde nature », confiait-il, estimant aujourd’hui écrire avec davantage de liberté et de distance.