La météo joue encore des tours aux astronautes qui doivent décoller vers la Station spatiale internationale (ISS). En raison de vents violents prévus sur la côte, le décollage de cette mission nommée Crew-12 se tiendra au plus tôt vendredi 13 février à partir de 5 h 15 locales (11 h 15 heure de Paris) depuis Cap Canaveral en Floride, a détaillé mardi 10 février la Nasa.
La veille, l’agence spatiale américaine avait indiqué décaler ce lancement d’un jour en raison déjà de ces prévisions météorologiques.
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« Espérons que le temps sera clément et que nous pourrons partir cette semaine », avait déclaré Steve Stich, un haut responsable de la Nasa lors d’une conférence de presse lundi, prévenant que le décollage pourrait si besoin être décalé au week-end ou à la semaine suivante.

La Française Sophie Adenot, 84e femme dans l’espace © Jean-Philippe CHOGNOT, Paz PIZARRO / AFP
Sophie Adenot deviendra à cette occasion la deuxième Française de l’histoire à effectuer un vol dans l’espace, après la pionnière Claudie Haigneré en 1996 et 2001, qui l’a inspirée et dont elle portera l’écusson.
Elle sera accompagnée de deux astronautes américains et d’un cosmonaute russe. Leur mission à bord du laboratoire orbital que constitue l’ISS durera huit mois.
« Un jour, ce sera moi »
« Sophie est née astronaute », dit d’elle Claudie Haigneré, première Française à être allée dans l’espace en 1996 et inspiration-clé de celle qui va lui succéder pour une mission de huit mois à bord de l’ISS.
« J’avais 14 ans, j’ai eu le déclic quand je l’ai vue décoller (…) Je me souviens très bien que c’est à ce moment-là que je me suis dit ‘un jour, ce sera moi' », confiait récemment Sophie Adenot lors d’une rencontre avec la presse.
Deuxième d’une fratrie de quatre, née à Cosne-Cours-sur-Loire (Nièvre), l’adolescente découpe ses photos dans les magazines pour les coller au-dessus de son bureau. Une source de motivation « quand je faisais des maths qui me semblaient si loin de l’aventure spatiale à laquelle je rêvais », se souvient-elle dans un épisode du podcast « Elles font l’espace ».

L’astronaute française Sophie Adenot à Cologne, le 5 janvier 2026 en Allemagne © Pau Barrena / AFP/Archives
C’est le début d’un cursus d’excellence. Diplômée de l’École nationale supérieure de l’aéronautique et de l’espace et du prestigieux MIT de Boston – où elle obtient un master en science des facteurs humains aéronautiques et spatiaux –, elle débute chez Airbus, en 2004, en tant qu’ingénieure dans la conception de cockpits d’hélicoptère.
Une passion héritée de son grand-père, mécanicien dans l’armée de l’Air, raconte celle qui « adore démonter et réparer des trucs ». Un an plus tard, elle intègre l’armée de l’Air pour devenir pilote d’hélicoptère et rejoint un escadron spécialisé dans les missions de recherche et de sauvetage au combat, notamment en Afghanistan, où elle effectue deux séjours.
Première Française pilote d’essai d’hélicoptères
Après avoir été affectée à l’escadron chargé du transport aérien des plus hautes autorités de l’Etat, elle devient en 2018 la première Française pilote d’essai d’hélicoptères.
« J’adore l’aventure, l’inconnu, faire face à des situations improbables et voir comment on y arrive en équipe ou seul », explique-t-elle. La future astronaute, qui a aujourd’hui le grade de colonel, totalise 3 000 heures de vol et 120 missions de combat. Mais cette grande lectrice de biographies et récits sur l’aventure spatiale ne perd pas de vue son objectif.
Après une première tentative infructueuse en 2008, quand elle n’avait que 25 ans, elle postule de nouveau pour intégrer le corps des astronautes de l’Agence spatiale européenne (ESA).

La Station spatiale internationale © Nalini LEPETIT-CHELLA, Valentina BRESCHI / AFP
En 2022, elle est sélectionnée parmi 22 000 candidats et touche enfin son rêve du doigt. Pour la passionnée de montagne et de yoga, commencent alors trois ans de préparation intenses à cheval entre les États-Unis et l’Europe pour passer les qualifications indispensables à sa première mission.
Un « tsunami » qui a « changé sa vie à 180 degrés », même si cette mère d’un adolescent, très discrète sur sa vie privée, assure « rester elle-même, (…) être optimiste et dans le partage ».
Journal de bord sur les réseaux sociaux
Au programme : cours théoriques, répétition des 15 000 procédures nécessaires à bord de l’ISS, entraînements en centrifugeuse, stage de survie dans les Pyrénées et en mer Baltique, sport intensif…
Un « sprint » documenté sur un journal de bord que l’astronaute aux cheveux blonds retenus en queue de cheval, toujours un large sourire aux lèvres, tient sur les réseaux sociaux.
Comme son prédécesseur français Thomas Pesquet, elle compte l’alimenter dans l’espace.
On l’y verra peut-être écouter les « chants d’oiseaux, bruits de pas dans la neige et de torrents qui coulent » qu’elle a enregistrés avant son départ. Ou déguster un plat préparé par la cheffe Anne-Sophie Pic pour fêter ses 44 ans, le 5 juillet, à 400 km de la Terre.
Avec AFP